Coronavirus: la barre des 1000 morts franchie en France
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Paris | La France a franchi mardi la barre des 1000 morts de l’épidémie de COVID-19 et s’orientait vers une prolongation du confinement, les scientifiques conseillant le président Emmanuel Macron préconisant une durée d’«au moins six semaines».
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La France a enregistré 1100 morts à l’hôpital depuis le début de l’épidémie de COVID-19, et 2516 patients étaient en réanimation mardi soir, a annoncé mardi le directeur général de la santé Jérôme Salomon.
Ces bilans traduisent une augmentation de 240 décès et de 434 patients supplémentaires en réanimation en 24 heures, sur un total de 10 176 patients hospitalisés, selon M. Salomon, qui a cependant précisé que «les décès à l’hôpital ne représentent qu’une faible part de la mortalité».
La France est l’un des pays européens les plus touchés, derrière l’Italie, pays le plus meurtri au monde avec 6820 morts, et l’Espagne (2696 morts).
Peu avant l’annonce de ce bilan, le Conseil scientifique mis en place par M. Macron a estimé «indispensable de prolonger le confinement» en France, au-delà des deux semaines initialement prévues.
«Le confinement durera vraisemblablement au moins six semaines à compter de sa mise en place» le 17 mars, écrit le Conseil, disant également «considérer nécessaire un renforcement du confinement», sans en préciser les modalités.
Depuis la mise en place des mesures de restrictions en France, de nombreuses voix, particulièrement chez les médecins et spécialistes, réclament un confinement plus strict, voire total, à l’instar des mesures prises en Chine pour juguler l’épidémie.
«Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle, l’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées n’étant pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale», ont estimé les membres du Conseil.
Concernant sa durée, «trois semaines [...] sont nécessaires pour obtenir une première estimation de son impact», ont-ils souligné.
Une décision de sortie «pourra être prise sur la base d’indicateurs épidémiologiques indiquant notamment que la saturation des services hospitaliers, et des services de réanimation en particulier, est jugulée. Le gouvernement devra en outre s’assurer que les éléments d’une stratégie post-confinement sont opérationnels», ont-ils ajouté.
Interrogé pour savoir si le gouvernement allait suivre cette préconisation, le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé que c’était «une estimation» et qu’il y avait «d’autres expertises». «Tant qu’il devra durer, il durera», a-t-il ajouté.