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Devrions-nous relire La peste?

La peste d'Albert Camus
Photo courtoisie

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Des amis, confinés à la maison, ont décidé de relire La peste. Depuis la crise du coronavirus, plus d’un commentateur a parlé du roman d’Albert Camus. Je me suis dit que je devrais le relire, moi aussi.

Le roman étant dans le « domaine public », on peut le télécharger gratuitement. Je me suis souvenu que j’en avais un exemplaire dans le cagibi du sous-sol. Je l’ai retrouvé, jauni, écorné, la tranche décollée. Flambant neuf, je l’avais payé 35 cents à la librairie Laliberté, à Granby, en 1948. Les temps ont bien changé. 

En venant avec moi au cagibi, Maryse a trouvé un casse-tête de 2000 morceaux qu’elle avait acheté à la foire du Chaînon, il y a 22 ans. Elle n’y avait jamais touché. Comme nous venions d’emménager ensemble, elle avait préféré ma compagnie. Les temps ont bien changé.

J’avais à peine refait connaissance avec le docteur Rieux et le père Paneloux, les principaux personnages du roman de Camus, que Maryse m’a appelé pour le point de presse quotidien du premier ministre Legault, du bon docteur-qui-fait-des-tartelettes et de sa ministre-qui-ne-sourit-jamais. Après, j’ai repris la lecture de mon livre.

LE DOCTEUR DE CAMUS ET LE NÔTRE 

Comme je venais d’apprendre qu’il y avait 409 nouveaux cas au Québec, je n’arrivais plus à m’intéresser au père Paneloux, qui voit la peste comme une punition de Dieu. Le docteur Rieux, qui ne croit à rien, m’est plus sympathique. Je l’imagine un peu comme notre Dr Arruda. On suggère de lire pour se divertir du coronavirus et ne pas capoter. Comment se concentrer quand tout s’écroule autour de soi ? Plus de magasins, plus de restaurants, même plus de soirées entre chums.

Une chance qu’il y a la télévision. Elle arrive à me faire oublier le maudit virus. J’ai imprimé des listes : les 50 meilleurs films de Netflix selon le New York Times, les films et les séries d’illico et tous les films d’Éléphant que je n’ai pas vus encore. Une fois un film visionné : crochet ! On passe à un autre. 

En cinq jours, on a vu neuf films, dont six québécois. Je ne dirai rien des quatre premiers pour ne pas accabler des réalisateurs qui auraient dû peaufiner leurs scénarios avant de tourner.

UN FILM DE DOLAN POUR OUBLIER 

La femme de mon frère m’a convaincu que Monia Chokri mérite bien le prix Coup de cœur qu’elle a gagné à Cannes. Son film m’a fait aimer les milléniaux, dont j’ai dit souvent beaucoup de mal.

On a fini la soirée d’hier avec John F. Donovan. Ce diable de Xavier Dolan est si talentueux que même un film, qu’il dit lui-même à moitié raté, est passionnant. Il nous a fait oublier le COVID-19. Ouf ! Si Dolan avait pu prévoir le drame que le virus nous fait subir, il n’aurait pas amputé son film de deux heures.

Dans la journée, Maryse a placé 21 morceaux de son casse-tête. À ce rythme, elle devrait terminer à la mi-octobre. Nous avons encore 141 films et séries à voir et il me reste 271 pages de La peste à lire. J’espère ne pas avoir le temps de finir avant que la vie reprenne...