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L’art-thérapie pour changer d’air

L’art-thérapie pour changer d’air
Photo Courtoisie

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MONTRÉAL – Le Musée des beaux-arts de Montréal lançait vendredi dernier une première activité d’art-thérapie via ses réseaux sociaux pour permettre à la population québécoise de sortir de son isolement par la création artistique.

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«C’est une initiative qu’on a mise en place pour encourager les personnes confinées chez elles actuellement à prendre une pause, à faire un peu d’art pour sortir de leurs pensées, pour sortir de leurs inquiétudes pendant quelques minutes et pour vivre peut-être un petit lâcher-prise, un mieux-être à travers une activité créative», a expliqué Stephen Legari, art-thérapeute et responsable des programmes éducatifs en art-thérapie au Musée des beaux-arts de Montréal.

Lancée vendredi dernier sur les réseaux sociaux du musée, l’activité cherche à inciter quiconque souhaiterait s’y joindre à prendre un pas de recul, l’instant d’une création, sur les événements parfois préoccupants du quotidien. Si la démarche peut permettre de mettre de côté les tourments politiques et sociaux actuels, elle peut également mener à une introspection bénéfique.

«Dans l’accompagnement par l’art, on invite les gens à s’exprimer à travers plusieurs matériaux, que ce soit avec l’argile, le bricolage, la peinture ou le dessin, pour externaliser ce qu’ils vivent à l’intérieur d’eux, poursuit l’art-thérapeute. Et ensemble, on va explorer l’image pour trouver de nouvelles idées, pour aller vers les objectifs de la personne ou même pour faire sortir des émotions difficiles parfois. Dans cet esprit, vous avez l’occasion de prendre une pause, de vous calmer avec vos matériaux», a-t-il ajouté.

«Mais aussi, la valeur de l’art-thérapie réside beaucoup plus dans le processus que dans le produit, a précisé M. Legari. Oui, on peut aimer ça faire un beau dessin, un dessin dont on peut être fier, mais c’est vraiment dans le processus de la création qu’on peut vivre une sortie de nos pensées, que l’on peut mettre les actualités à côté pour quelques minutes, pour respirer.»

Stephen Legari, art-thérapeute et responsable des programmes éducatifs en art-thérapie au Musée des beaux-arts de Montréal.
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Stephen Legari, art-thérapeute et responsable des programmes éducatifs en art-thérapie au Musée des beaux-arts de Montréal.

Contrer l’isolement

L’art-thérapeute invite ainsi tous les participants et participantes, via la page Facebook et Instagram du Musée des beaux-arts de Montréal, à s’adonner à une création artistique qui leur plaît. Si l’exercice se limite pour le moment à des suggestions et consignes écrites à travers une publication tous les vendredis, l’activité pourrait rapidement investir d’autres médiums comme l’audio ou le vidéo dans les semaines à venir.

«Un des bienfaits, c’est que ça nous permet de respirer avec nos pinceaux, avec nos crayons, avec nos images. Je vois ça comme un ingrédient dans un programme holistique. On doit faire nos exercices, on doit bien manger, on doit connecter avec nos proches, mais on doit connecter aussi avec ceux qui sont isolés. Et ici, je vois aussi un autre potentiel de créer quelque chose et de le partager avec quelqu’un qui a peut-être besoin d’un petit soutien», a souligné Stephen Legari.

«Par exemple, chaque jour j’essaie de faire une petite carte postale que j’envoie à quelqu’un que je connais qui vit seul, une personne âgée, quelqu’un qui n’est pas entouré. Le potentiel thérapeutique d’une activité créative, c’est aussi de pouvoir connecter avec les autres», a-t-il dit

«Un dernier point aussi, c’est que ça peut être tout simplement une activité ludique, a fait savoir l’art-thérapeute. Ce n’est pas seulement sérieux, ou une source de contemplation, ça peut être fait uniquement pour le fun, pour jouer.»