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L’inconnu est la seule certitude

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Parce que le virus est férocement contagieux, les récalcitrants se refusant encore à suivre les consignes sont de vraies bombes à fragmentation.

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Face à la pandémie du coronavirus, l’inconnu est dorénavant notre seule certitude. Le Québec n’y échappe pas. Le leadership éclairant du premier ministre François Legault en rassure néanmoins plusieurs. Les consignes d’hygiène, d’isolement volontaire et de distanciation sociale sont communiquées à répétition par la santé publique et les médias.

Jusqu’à Pâques, M. Legault place le Québec tout entier « sur pause ». Sur le terrain, la ministre de la Santé, Danielle McCann, doit toutefois transiger avec un système de santé encore miné par des années d’austé-rité. Le personnel médical, nos « anges gardiens », craint même que si la crise dure, on manque de gants, de masques pour se protéger.

Pendant ce temps, le nombre de cas grimpe plus vite. C’était, nous disent les experts, attendu. Sans s’alarmer, l’inquiétude gagne du terrain. Inutile de le nier. Les tests de dépistage, cruciaux pour aplanir la courbe de la COVID-19, ont connu plusieurs ratés. Le premier ministre Justin Trudeau reconnaît même que les équipements manquent au pays pour faire suffisamment de tests.

Férocement contagieux

Au Québec, le choix de restreindre les tests aux personnes symptomatiques et/ou qui ont voyagé aurait-il pu aussi ignorer plusieurs cas de personnes infectées ? Pour limiter la propagation de la COVID-19, il est non moins vrai que chaque geste compte.

Parce que le virus est férocement contagieux et peut aller jusqu’à tuer, les récalcitrants se refusant encore à suivre les consignes sont de vraies bombes à fragmentation. Tester le maximum de personnes est pourtant considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’ultime nerf de la guerre.

Son patron l’a redit hier : « Il faut tester chaque cas suspect, isoler et soigner chaque cas confirmé, suivre et mettre en quarantaine chaque contact étroit. » 

La Corée du Sud en est un des exemples probants. Beaucoup plus de tests, cela veut aussi dire une population informée de la véritable progression du virus et des récalcitrants placés devant une menace rendue nettement plus concrète et plus personnelle.

Les plus vulnérables

À la suite des décès dus au coronavirus dans une résidence privée pour aînés à Lavaltrie, une autre inquiétude s’ajoute. Celle de l’apparition possible de foyers d’éclosion au sein de groupes dont la santé est très fragile. Pour les protéger, on confine les personnes âgées. Inévitablement, par contre, le personnel et les gestionnaires des résidences continueront de sortir et d’entrer avec les risques de contagion que cela comporte.

On n’en parle pas trop, mais les ressources intermédiaires (RI) privées, qui hébergent des personnes handicapées intellectuelles ou autistes, feront face aux mêmes risques d’éclosion. Comme pour les résidences d’aînés, ces résidents handicapés sont en confinement, mais pas le personnel. Or, contrairement aux CHSLD publics, les préposés dans chacune des RI sont très peu nombreux. Loin des points de presse, ces personnes handicapées sont cependant les plus vulnérables d’entre nous. Tout cas d’éclosion pourrait provoquer des drames humains.

Le premier ministre Legault, dont les instincts responsables et protecteurs ne font aucun doute, serait sage de s’y intéresser de plus près.