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Sauve qui peut

dépistage sans R-V
Photo Chantal Poirier Trop de gens pratiquent le déni...

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Le premier ministre Trudeau, adepte de la grande séduction, refuse encore l’idée de recourir à la Loi sur les mesures d’urgence pour obliger les citoyens récalcitrants à se plier aux directives des responsables de la santé publique. 

En fait, alors qu’il ne peut ignorer que le pire est à venir, il semble encore croire que son « charme » peut faire changer d’opinion les irresponsables qui circulent dans les lieux publics ou se regroupent dans des espaces privés. Il ne se rend pas compte que ces gens sont des grenades dégoupillées. 

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Oui, l’on n’a encore rien vu si l’on se fie à ce qui se passe dans des pays comme l’Italie et la France, qui se classaient en tête des pays du monde pour la qualité de leurs services médicaux et de leur politique sanitaire. 

Sauve qui peut désormais devant l’ampleur de la pandémie qui s’est abattue sur la planète. La majorité des gens au Québec obéissent aux consignes. D’autant plus qu’ils ont confiance en ceux qui nous dirigent. 

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Déni 

Cependant, trop de gens semblent enfermés dans le déni. Des aînés démunis face au confinement obligatoire semblent incapables d’être raisonnés par leurs enfants. 

Qui eût cru que l’on se trouverait devant une situation aussi déchirante que celle de laisser les vieux parents agoniser seuls dans certains cas pour éviter que des membres de leur famille soient contaminés à leur tour ? 

Des jeunes résistent toujours aux contraintes officielles et se croient omnipotents. Ces derniers ont été élevés dans la religion de leurs droits individuels. Alors, comment arrivera-t-on en quelques jours à leur enseigner le sens tragique de la vie ? Vivre constamment dans un monde virtuel grâce à un iPhone les aliène, c’est-à-dire les rend étrangers à eux-mêmes et aux autres. Or la COVID-19 est un porteur sournois de la mort, même pour eux. S’ils l’attrapent, ils se transformeront en porteurs de mort pour les plus vulnérables et les plus âgés. Tous les récalcitrants, peu importe leur âge, seront tenus moralement responsables de la mort des personnes qu’ils auront contaminées par leur ignorance ou leur indifférence. 

Guerre 

À l’évidence, les droits de la personne sont bousculés. Le droit à la vie a maintenant préséance. La protection de l’intégrité physique du citoyen oblige ceux qui nous gouvernent à rompre avec la pratique démocratique telle que nous la connaissons. Car nous sommes en guerre. 

Comme toute expérience extrême, cette pandémie révèle les gens. Côtoyer une contamination planétaire est une expérience unique, inimaginable à ce jour dans nos pays développés. 

On s’est cru à l’abri des virus dont on voyait les ravages dans les terres maudites du tiers-monde où la mort n’épargne guère. Nous nous croyions à l’abri des guerres régionales, des génocides et des horreurs lointaines. 

Nous sommes déboussolés. Nous nous rapprocherons de nos familles, nos vrais amis se révéleront et nous découvrirons dans notre entourage immédiat des êtres généreux, disponibles qui confirmeront que la bonté des êtres n’est pas un vain mot. Bref, ce malheur collectif nous rapproche dans notre recherche actuelle de consolation.