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Mesures de confinement: un 6 à 8 virtuel entre amis

Comme plusieurs Québécois, notre journaliste a réuni ses amis autour d’un verre sur internet

6 à 8 virtuel pandémie
Capture d’écran Nicolas Lachance Notre journaliste Nicolas Lachance a organisé un rassemblement virtuel avec ses amis proches, vendredi dernier.

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Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels, dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.  


Alors que les premières mesures de confinement pour combattre la pandémie de COVID-19 ont fait leur apparition la semaine dernière, j’ai organisé un rassemblement festif et virtuel pour passer du temps avec mes amis proches.  

Avec tout ce qui se passe présentement, j’avais besoin de voir ces amis, de partager des moments précieux avec eux.  

Ils sont comme de la famille, et nous avons été là les uns pour les autres dans les moments magiques comme dans les moments plus difficiles.  

Pour contourner le problème, quoi de mieux que de se réunir via une vidéo sur Messenger.  

« On ne pourra pas se voir durant les prochaines semaines. Mais les technologies nous permettent de passer du bon temps quand même ! On prend un bon verre et on s’amuse », mentionnait le message envoyé lundi dernier.  

L’invitation était lancée ! Cinq jours plus tard, on allait faire la fête devant la caméra en restant chez nous, afin de ne pas propager le virus de la COVID-19 et survivre à la quarantaine.  

En créant ce moment, je voulais surtout les faire sourire. Finalement, comme plusieurs Québécois, il s’agira sans doute d’une nouvelle tradition hebdomadaire durant la pandémie. Notre thérapie de groupe.  

Les exemples semblables de rassemblements virtuels se multiplient sur internet.  

6 à 8 virtuel pandémie
Capture d’écran Nicolas Lachance

Crescendo  

De mon côté, plus la semaine avançait, plus les amis manifestaient leur intérêt. Ils avaient hâte, et moi aussi. Surtout que les mesures de restriction s’intensifiaient !  

Vendredi, après le boulot, ma blonde et moi étions impatients de retrouver nos amis à l’écran. Pas de trafic pour se rendre à la fête, tout le monde est déjà à la maison.  

La bouteille de vin était au frais. La tablette numérique installée sur la table du salon, prête pour la vidéo.  

J’admets que le début a été un peu chaotique pour certains de mes amis.   

Léonard, 2 ans, essayait de manger la caméra. Mais quel bonheur de le voir si joyeux ! Évelyne, 7 mois, et Raphaël, 8 mois, ne voulaient pas non plus manquer le party avec leurs parents.  

On a vite compris qu’on devait fermer le son de nos appareils lorsqu’on ne parlait pas.  

Rester unis  

« Santé ! », avons-nous scandé en levant nos verres. La discussion a rapidement bifurqué sur nos craintes et les répercussions de la pandémie sur nos vies.  

Une amie infirmière nous a raconté l’angoisse qui règne à l’hôpital et les préparatifs pour accueillir les premières victimes du virus.  

Une autre, travailleuse sociale, prend des risques pour continuer de s’assurer du bien-être de personnes vulnérables.  

Yvan a dû fermer son restaurant et essaie d’obtenir de l’aide du gouvernement.  

Charles a mentionné qu’il y a beaucoup d’incertitude sur son chantier de construction.  

Louis-Olivier, qui est arrivé plus tard en ligne, était découragé. Il venait d’ouvrir une salle de spectacle. Il pense perdre 70 % de son année financière. Pour le milieu culturel, cette pandémie est une catastrophe.  

Un baume  

L’interdiction de voir des proches fait mal. Mais, même si je ne peux plus verser de vin dans les verres de ceux que j’aime – sauf celui de ma blonde, bien sûr –, ce nouveau rendez-vous hebdomadaire est un solide baume sur mon cœur.  

Durant la fin de semaine, on a répété l’expérience avec nos familles, d’autres amis. Ma belle-mère, qui travaille dans un service essentiel, est isolée la fin de semaine. Mais grâce à la magie d’internet, on peut se voir, rire, pleurer, s’encourager... et rester unis.  


Leçon numéro 1 : Si vos 5 à 7 sont habituellement bruyants, en ligne, c’est pire. Ici, impossible de tenir deux conversations en même temps.  

Leçon numéro 2 : Écoutez vosamis et soutenez-les ! Ils ontbesoin de vous.  

Leçon numéro 3 : Appelez votre monde. C’est important.  

À FAIRE POUR RÉUSSIR SON PARTY VIRTUEL   

  • Avoir une bonne connexion internet sécurisée.  
  • Avoir un grand écran pour bien voir ses amis.  
  • Avoir un réseau social performant ou un outil de télétravail efficace : Messenger (huit fenêtres maximum), FaceTime, Zoom, Teams, etc.  
  • Fermez le son de votre micro lorsque vous ne parlez pas, afin que tous puissent entendre la conversation, surtout s’il y a des enfants autour de vous.  
  • Il faut de la discipline et parler une personne à la fois pour éviter la cacophonie.  
  • Il faut trouver le bon ton entre chuchoter et crier.    

À ÉVITER POUR RÉUSSIR SON PARTY VIRTUEL   

  • Oublier de regarder la caméra.  
  • Oublier d’ouvrir son micro pour parler.