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«Bonjour, bonjour, les voisins»: la pandémie de coronavirus nous a redonné le goût de se parler

Les marques de solidarité entre les gens d’un même quartier ont explosé depuis le début de la pandémie

Coronavirus - Covid-19
Photo courtoisie Éric Yvan Lemay, adjoint au directeur du Bureau d’enquête, fait une marche dans son quartier en compagnie de sa conjointe, Lysanne, et de leurs enfants, Léo, 7 ans, Juliette, 4 ans, Alice, 9 ans et Édouard, 11 ans.

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Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels, dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront.     


Il m’arrive régulièrement de faire une marche dans mon quartier, que ce soit seul, avec ma femme ou encore avec mes enfants. C’est l’une des rares activités extérieures que l’on a continué à faire depuis le début des mesures d’isolement relatives à la pandémie de la COVID-19.  

Mais depuis quelques jours, il se passe quelque chose de spécial : les gens nous saluent. Des bonjours timides, d’autres forts et biens sentis et même certains avec une pointe d’enthousiasme.     

Normalement, quand on croise quelqu’un, chacun reste dans sa bulle, évite presque de se regarder. Or, la pandémie semble avoir redonné le goût aux gens de se parler, comme si le virus nous rendait plus solidaires.    

Les voisins sont nombreux à discuter dans les rues. À au moins deux mètres de distance, évidemment. Cela donne des scènes particulières. J’en ai vu qui restaient au beau milieu de la rue (très peu achalandée) pour parler à une voisine.    

Comme un perron d’église  

« Ça va ramener l’importance du voisinage, un peu comme le perron d’église », dit Isabelle Lizée, directrice générale du Carrefour action municipale et famille, l’organisme qui chapeaute entre autres la Fête des voisins qui a lieu chaque année dans les villes et villages du Québec.    

Vendredi dernier, avant l’interdiction des rassemblements extérieurs, des amis nous ont invités à prendre un verre dans la rue devant chez eux. Quelques voisins étaient là et on a discuté un verre à la main en maintenant une distance sécuritaire entre nous.    

On a mis des poubelles dans la rue pour ralentir les rares voitures qui circulaient. Les enfants pouvaient donc lâcher leur fou et s’amuser.     

Malgré le temps frais, ça a été un beau moment. Et on y a rencontré des gens avec qui on n’avait jamais parlé auparavant. Chacun racontant comment il composait avec les mesures de confinement.    

« Le fait qu’on soit tous confrontés à la même réalité, ça crée une forme de solidarité », dit Isabelle Lizée.    

Avec les nouvelles mesures, elle suggère de rester en lien avec ses voisins davantage par internet ou par téléphone plutôt qu’en personne.     

Mais le vrai test pour le bon voisinage risque d’arriver quand des cas de COVID-19 vont frapper au cœur de nos communautés. Est-ce qu’on aura le goût que la maison du voisin soit en quarantaine ? Aura-t-on peur de les approcher ? Voudra-t-on quitter notre logement ou notre maison pour s’en éloigner ?    

Petites attentions  

« Ce n’est pas facile à vivre pour tout le monde. C’est sûr que les gens vont plus se surveiller entre eux. Il faudra s’assurer que les gens aient les bons comportements avec leurs voisins [infectés] », soutient Isabelle Lizée.    

Selon elle, rien n’empêche de déposer quelque chose à la porte d’un voisin qu’on sait infecté. Que ce soit un repas ou des aliments dont il avait besoin qu’on est allé chercher à l’épicerie.    

En espérant que mon quartier ne soit pas touché, je vais continuer les marches quotidiennes avec mes enfants. S’ils rechignent parfois à sortir marcher, c’est beaucoup plus facile depuis samedi dernier.    

Ils se sont mis à compter les arcs-en-ciel que d’autres enfants ont apposés dans les fenêtres de leur maison. Ça va bien aller.    

TRUCS POUR FAVORISER UN BON VOISINAGE DURANT LA PANDÉMIE   

  • Se tenir à au moins deux mètres de distance ou même de chaque côté de la rue à l’occasion des rencontres en personne    
  • Échanger par téléphone ou internet avec les voisins    
  • Laisser un papier dans la boîte aux lettres des voisins pour offrir de l’aide si quelqu’un en a besoin    
  • Garder un œil sur nos voisins de plus de 70 ans, que ce soit dans les immeubles d’appartements ou dans les milieux ruraux où les voisins sont plus éloignés    
  • Faire l’épicerie pour des gens en quarantaine en prenant soin de laisser les sacs au pied de la porte