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E pluribus unum? Les États-Désunis face à la menace

E pluribus unum? Les États-Désunis face à la menace

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E pluribus unum (De plusieurs, un). La devise apparaît sur le grand sceau des États-Unis et elle renvoie à la nécessité pour les colonies américaines de s’unir face à la métropole britannique vers 1776. La menace qui pèse actuellement sur les États-Unis est telle que les Américains gagneraient à se souvenir que l’union fait la force.  

S’il était incontournable de braquer les projecteurs sur le président Trump dans les circonstances, il importe aussi de regarder comment le reste de la classe politique et de la population réagit devant la menace. Si certains propos du président contredisent ceux des experts, il faut reconnaître qu’il n’est pas le seul à souffler le chaud et le froid dans les circonstances.   

Avant de souligner quelques aspects inquiétants, je voulais au moins pointer en direction de quelque chose de positif. Il semble que démocrates et républicains soient enfin parvenus à s’entendre sur un plan de relance.    

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On soutiendra les entreprises et on appuiera directement les familles. Des sommes records seraient débloquées. Le Sénat compte voter en faveur de cette loi, et la Chambre devrait emboîter le pas. Le président s’impatientait avec raison de la lenteur des négociations; sa signature devrait suivre rapidement.   

Si, enfin, les membres du Congrès réagissent ensemble, il faut maintenant souhaiter que le reste du pays les imite. Malheureusement, bien des experts croient qu’il est déjà trop tard. Le retard et la division perceptibles depuis des semaines maintenant ont considérablement réduit les chances de limiter les retombées.   

Les 50 États américains sont désormais touchés par la COVID-19, mais les réactions et les mesures de chacun sont parfois aux antipodes. Il n’y a que 17 États qui ont imposé des mesures de confinement, 13 États démocrates et 4 républicains. Outre le président, les gouverneurs des États disposent de grands pouvoirs, mais ils sont trop peu nombreux à envisager des mesures musclées.   

Ce manque d’unité dans l’action constitue un problème majeur. Au Canada et au Québec, le mot d’ordre a été lancé. Vous restez à la maison et vous évitez de vous déplacer dans une autre région. Il n’y a pas de recette miracle face à un nouveau virus, mais cette attitude est la plus sage, même si je constate tout comme vous que nous avons nos délinquants. L’Inde, un grand pays qui compte plus d’un milliard d’habitants, a imposé le confinement...   

Il y a aussi une fracture aux États-Unis entre ceux qui privilégient l’avis des experts et ceux qui privilégient les libertés individuelles, la relance de l’économie ou la religion. Le cas est peut-être anecdotique, mais quand le lieutenant-gouverneur (Dan Patrick) d’un État populeux comme le Texas affirme que des aînés seraient fiers de sacrifier leur vie pour sauver la relance parce qu’on n’imposerait pas de confinement, nous entrons dans une zone inquiétante!!!   

La situation dégénère rapidement au sud de la frontière et le pays deviendra sous peu la région comptant le plus de cas et le plus de décès. Cette situation doit nous préoccuper et on rapportait ce matin dans les médias qu’Ottawa s’en inquiète ouvertement. Devra-t-on déjà entrevoir la possibilité de discuter une fois de plus de l’étanchéité de la frontière? Faut-il déjà revoir une entente négociée récemment sur ce sujet?   

En 1956, dans un contexte plus conservateur, les États-Unis adoptaient une nouvelle devise qu’on peut lire sur les billets de banque: In God We Trust (En Dieu nous croyons). Sans manquer de respect à ceux et celles qui ont la foi, je pense qu’on devrait au moins se souvenir de la première devise et l’appliquer le plus rapidement possible. E pluribus unum (De plusieurs, un), ou l’union fait la force.