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Gênant

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Les députés fédéraux se sont livrés hier à un bien triste spectacle. 

C’est apparemment trop leur demander que de faire front commun pour rassurer les milliers de Canadiens qui perdent brutalement leur emploi.

Un groupe d’une trentaine de députés fédéraux, de tous les partis, avait pour mission d’adopter rapidement le plan d’aide historique de 82 milliards annoncé la semaine dernière par le gouvernement Trudeau.

Des mesures d’aide urgentes qu’attendent avec impatience des milliers de familles, travailleurs et entreprises.

Avant de mettre sous presse, ils étaient toujours à se quereller.

Bisbille

À qui la faute ? 

Prenons-le par morceaux.

Les libéraux ont tenté par la bande de se doter de vastes pouvoirs de dépenser, d’augmenter ou de réduire les impôts, pour près de deux ans. Et cela, sans avoir à obtenir l’aval du Parlement. 

Ils auraient, en gros, régné en maître, pandémie oblige ! 

Plutôt arrogant pour un gouvernement minoritaire déjà amoché.

La ruse consistait à inclure ces pouvoirs extraordinaires dans le projet de loi de mise en œuvre de leur plan d’aide. On fait donc d’une pierre deux coups.

Les oppositions sont avec raison montées aux barricades.

Au bureau du premier ministre, on s’est défendu de s’approprier des pouvoirs démesurés. Il ne s’agissait que d’une simple proposition, a-t-on plaidé.

Une excuse, plus qu’une explication.

Indéfendable

Le Bloc québécois a donc proposé de réduire la portée des pouvoirs convoités, et de les limiter dans la durée, jusqu’au 30 septembre 2020.

Pour son chef Yves-François Blanchet, cette entente donnait la latitude nécessaire au gouvernement pour affronter la tempête sans trop de complications.

Le fédéral pourrait donc, entre autres, rapidement débloquer des fonds pour acheter du matériel médical, a-t-il cité en exemple.

Et puis les libéraux auraient à rendre des comptes dès octobre prochain. 

Il s’agit d’une position plutôt sensée.

Selon les échos que nous avons, le Parti conservateur, lui, ne veut rien savoir. Oui au plan d’aide, non aux pouvoirs accrus sans un examen rigoureux, ce qui prendrait un certain temps. 

Séparons donc les deux éléments afin de donner le feu vert au plan de 82 milliards au plus vite, soutiennent les conservateurs. 

Une position, elle aussi, qui semble logique à première vue.

L’incapacité de ce Parlement à s’entendre dans un moment crucial, par contre, est indéfendable.