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Pas le temps de se diviser

Assurance emplois
Photo Jules Richer Il ne servirait à rien de créer davantage de misère, simplement pour qu’elle soit égale.

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L’urgence de la situation actuelle commande que nous nous serrions les coudes. Nous devons impérativement éviter de nous diviser.

Malheureusement, un discours clivant a récemment fait son apparition. Il concerne le sort des employés de la fonction publique, par rapport à celui des employés du secteur privé.

Le privé ravagé

Ces derniers en prennent plein la tronche. Mises à pied, fermetures, perspectives d’avenir chamboulées. Comme je l’écrivais la semaine dernière, l’autre crise, celle de société, risque de surpasser la crise de santé publique.

Pendant ce temps, les employés gouvernementaux et municipaux ont la vie sauve. Il y a ceux qui travaillent dans les services essentiels, mais il y a aussi tous les autres. Certains en télétravail, d’autres en arrêt forcé.

Or, voilà que ce nouveau discours tend à demander aux gouvernements de supprimer des emplois dans la fonction publique. Garder ce qui est essentiel, éliminer le reste.

On parle de faire des mises à pied temporaires par souci d’équité.

Cette idée ne peut tout simplement pas tenir la route. Je souffre, donc je veux que mon voisin souffre au moins autant que moi. C’est insensé.

Les choyés

Pourtant, il est vrai que les travailleurs du public sont choyés. Il faudra une fois pour toutes reconnaître de façon permanente qu’il y a des avantages indéniables à travailler pour l’État. Qu’il est faux de prétendre que cette sécurité n’a pas une valeur et qu’elle doit être prise en compte dans le calcul de la rémunération de ces employés.

J’ajoute également que je ne suis pas un partisan de l’État mammouth. Dépenser moins, mais mieux. Faire confiance au contribuable, arrêter de croire que tout programme ne peut pas être remis en question.

Mais je ne peux m’astreindre à penser que ce serait une bonne idée de pousser d’autres dizaines de milliers de travailleurs vers la précarité et le chômage.

Créer encore plus d’incertitude, de détresse, au nom d’une pseudo équité.

Certains diront que les sommes économisées pourraient servir à aider les entreprises et financer les programmes d’aide. Mais ces montants n’auraient aucune commune mesure avec l’effort attendu. Ce n’est pas comme si les gouvernements disaient : « on vous aiderait bien, mais il faut payer notre monde avant ».

Qui plus est, lorsque le moment de la relance sera à nos portes, nous aurons besoin de gens qui seront prêts à faire rouler l’économie. Si tout le monde est à ramasser à la petite cuillère, on ne sera pas mieux foutu.

Pour certains, ce sera plus long, plus difficile. Mais celles et ceux qui auront pu passer au travers plus facilement auront un rôle essentiel à jouer.

Il ne s’agit pas de minimiser les difficultés des uns ou la situation favorable des autres. Mais juste de se dire qu’il ne servirait à rien de créer davantage de misère, simplement pour qu’elle soit égale.

Restons unis et évitons de nous diviser. C’est ensemble que nous réussirons.