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Profiter du coronavirus

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Ottawa veut réduire les évaluations environnementales pour accélérer les forages en mer à l’est de Terre-Neuve. Le plan d’aide économique du ministre Morneau réserverait plusieurs milliards de dollars pour l’industrie pétrolière dans l’ouest.

D’autre part, Québec propose de prolonger les conventions collectives dans le secteur public en ajustant les salaires à l’inflation.

Le discours alambiqué

Bien que Justin Trudeau se dise préoccupé des questions environnementales et du réchauffement climatique, ses actions laissent croire le contraire. Son gouvernement a fait l’acquisition à gros prix de l’oléoduc Trans Mountain, a prêté une oreille attentive au projet d’extraction de pétrole des sables bitumineux dans le nord de l’Alberta par Teck Ressources, et a conclu l’entente secrète avec les chefs héréditaires wet’suwet’en pour permettre le passage d’un oléoduc sur leurs terres.

Malgré le tumulte soulevé autour de ces actions, le gouvernement fédéral s’entête à maintenir une consultation en ligne sur un projet de loi qui contient des allègements réglementaires et qui favorise l’exploitation des énergies fossiles. Il semble espérer que la population obnubilée par la COVID-19 n’y prête pas trop attention.

La dilapidation de milliards pour l’industrie pétrolière albertaine est tout aussi scandaleuse dans le contexte actuel.

La petite vite

Profitant du climat de crise, le premier ministre Legault veut bâcler la négociation du secteur public en offrant de prolonger les conventions pour trois ans. La manœuvre est habile face à des syndicats sans front commun qui peuvent difficilement s’y opposer.

La proposition paraît même alléchante en garantissant des salaires ajustés à l’inflation sans que les effets de la pandémie sur l’économie soient tous connus, alors qu’il pourrait y avoir moins à offrir après un retour au calme. Cependant, le premier ministre se déleste de promesses embarrassantes, s’évite des discussions sur le normatif et éloigne des pourparlers épineux d’une prochaine élection. 

Un art subtil que celui de savoir profiter d’une catastrophe !