/opinion/columnists
Navigation

Rester debout

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement prend les mesures nécessaires pour nous protéger. Les experts s’entendent sans nuances pour reconnaître que c’est la bonne méthode. Agir fort, agir vite. Mais appelons les choses par leur nom : le virus et les mesures du gouvernement imposent des sacrifices durs. 

J’en imagine des milliers qui lisent Le Journal aujourd’hui et qui sont encore K.-O. Vous êtes peut-être assommés par l’invraisemblable qui a soufflé votre vie. Figés par l’effroyable dose d’inconnu qui s’est postée en travers de votre chemin, vous n’avez plus vraiment faim pour le déjeuner. 

En si peu de temps 

Elle a basculé, la vie. Un couple heureux du genre « monsieur travaille en usine et madame dans le secteur du commerce ». Tout allait pour le mieux en février dernier. On a une jolie maison avec une hypothèque un peu élevée, mais tout à fait gérable avec les revenus dont on dispose. Des paiements d’auto, des cartes de crédit dont le solde rappelle quelques exagérations du temps des Fêtes. Les enfants vont bien à l’école, encore mieux dans leur ligue sportive. On arrive à l’étape de réfléchir aux vacances d’été. 

Et bang ! En trois semaines, les deux se retrouvent sans emploi, enfermés dans la maison. Les enfants ne fréquentent plus l’école, ne font plus de sport et ne voient plus leurs amis. Vite, les enfants sentiront la nervosité d’un ménage où les revenus fondent. Tout ça dans une atmosphère lourde de peur de la maladie. Stress, frustration, inquiétude, tous les ingrédients sont là pour la catastrophe. 

Je donne rarement des conseils de vie. Mais à presque 50 ans, ayant roulé ma bosse de la ferme au parlement, et avec trois enfants adultes, je me permets. 

En action 

Lorsqu’on subit des coups aussi durs, il y a un danger d’être paralysé. De se faire ballotter par les événements comme un vieux sac en plastique au vent. Cette torpeur ne peut durer : il faut retomber dans l’action. Chercher du travail dans les quelques domaines encore recherchés (les supermarchés voient leurs livraisons exploser, par exemple). 

Mettre des plants en serre, réaliser des sculptures (ça se vendra peut-être), faire du bénévolat ou parfaire sa formation, tout sauf ruminer dans un fauteuil. L’humain a besoin d’avoir des buts. 

Je dirais qu’il est aussi important de ne pas se laisser paralyser sur le plan de ses finances. Il faut aussi être en action. Chaque jour, sans réagir, la situation financière risque de se détériorer. On s’attelle à refaire le budget familial, couper certaines dépenses, ne serait-ce que temporairement. 

D’ailleurs, les gens qui vivent en couple doivent surtout éviter de faire du budget un tabou. Le sujet doit être discuté ouvertement, même s’il est difficile. Lorsque des sacrifices sont imposés, ils doivent être compris et acceptés. 

Hier, le tiers de l’humanité vivait en confinement. La bataille pour retrouver une vie normale est certainement un énorme défi collectif. Mais c’est individuellement, dans nos appartements ou nos maisons, que nous devons faire face à la réalité. 

Courage !