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Situation catastrophique pour ces fondations qui œuvrent auprès des enfants malades

Situation catastrophique pour ces fondations qui œuvrent auprès des enfants malades
Crédit photo : Aditya Romansa sur Unsplash

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Avec les pertes d’emploi massives, la chute des marchés boursiers et les faillites potentielles de petites et grandes entreprises, on peut facilement oublier que les organisations caritatives seront elles aussi sévèrement touchées. Peut-être même plus, dans certains cas.   

Maud Cohen, PDG de la Fondation CHU Sainte-Justine, et Lorie Blumer, directrice générale de la Fondation Just for Kids au soutien de l'Hôpital de Montréal pour enfants, lancent toutes deux un cri du cœur.      

  

Annulation et report d’activités de collecte de fonds  

Les deux organisations prévoient déjà un gros manque à gagner en raison de l’impossibilité de tenir les événements qui permettent de solliciter les grands donateurs.       

Si Just for Kids (JFK) n’a pas encore officiellement annulé son tournoi de golf, prévu pour le mois de juin, c’est chose faite pour la Fondation CHU Sainte-Justine (FCSJ).      

«On a déjà annulé notre tournoi, qui est notre activité de collecte de fonds la plus importante, explique Mme Cohen. Il est difficile d’avoir l’attention des donateurs et des partenaires pour des événements du genre. Nos grands donateurs, qui financent certaines initiatives, vivent aussi de sérieux enjeux financiers. Certains nous ont déjà annoncé qu’ils devaient reporter leurs engagements.»       

Pour JFK, qui est une opération beaucoup plus petite que la FCSJ, l’annulation du tournoi est pratiquement impensable, selon Mme Blumer.      

«Notre tournoi au golf Le Mirage, en juin, représente 250 000$ sur le total de 800 000$ qui provient des collectes de fonds. S’il peut avoir lieu plus tard, on aura une chance de récupérer le manque à gagner.»      

Malgré son envergure, la Fondation CHU Sainte-Justine pourrait également faire face à des conséquences dévastatrices, selon sa PDG.       

«On est une grande fondation et on a été prudents au cours des dernières années. Mais je ne suis pas certaine que ce qu’on a fait va nous permettre de maintenir la tête hors de l’eau pour longtemps encore. On génère aussi des revenus de placements, mais, cette année, on va être dans le négatif.»      

  

Des impacts directs  

Les deux organisations devront inévitablement prendre des décisions difficiles.       

«Les familles d’enfants malades, qui se retrouvent avec un revenu réduit, font encore face à des hospitalisations prolongées. Le manoir Ronald McDonald a annoncé qu’il n’accueillerait pas de nouveaux visiteurs. Alors, les gens qui viennent de l’extérieur ne seront pas capables de se loger à bas coûts. On doit trouver des moyens de les aider», explique Maud Cohen, de la FCSJ.   

«Il y a aussi les travaux de recherche qui sont rarement financés. On ne doit pas se leurrer: ce sont les fondations qui s’occupent des travaux de recherche dans nos hôpitaux», ajoute-t-elle.       

«Chaque année, l’hôpital dresse une liste de [...] besoins et nous finançons ce qui correspond le plus à notre mission. Souvent, ce sont des initiatives qui viennent en aide à la famille des enfants malades ou pour l’achat d’équipement médical. Le gouvernement finance la base, mais ce sont les fondations comme la nôtre qui servent à combler le fossé, permettant d’offrir des soins et des services de qualité supérieure», expose Lorie Blumer, de JFK.       

«Nous nous sommes engagés à fournir un travailleur social pour offrir du soutien psychologique dans la salle d’urgence. On entend des histoires d’enfants aussi jeunes que 6 ans qui ont des pensées suicidaires. Et avec la crise, on peut s’attendre à ce que les choses empirent. Ce serait tragique de ne pas pouvoir respecter cette promesse.»       

«Notre conseil devra trancher. Nous avons suffisamment d’épargne pour respecter nos engagements. Mais ce seront nos opérations d’administration qui en feront les frais. Ce qui mettra en péril la survie de la fondation.»     

  

Garder espoir malgré tout  

En espérant un retour à «la normale» sous peu, les deux gestionnaires disent devoir faire preuve de créativité.        

«Il y a certains grands donateurs qui vont continuer de vouloir nous appuyer, pense Mme Cohen. On cherche des façons d’aller chercher leur attention.»      

Elle a d’ailleurs publié un appel à l’aide adressé au public la semaine dernière (pour lire la lettre, c’est ici). Mais à travers le brouhaha médiatique actuel, il est difficile de se faire entendre.       

Maud Cohen rappelle que les dons en ligne, aussi petits soient-ils, feront une grande différence.       

Lorie Blumer conclut notre entretien sur une note de résilience: «On a notre mission à cœur plus que jamais. On a fait une promesse aux enfants et on veut la tenir.»     

  

Pour les encourager, visitez leurs sites web:     

Fondation CHU Sainte-Justine  

Fondation Just for Kids

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