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Touche pas à ma SAQ!

C'est notre "Mother's Little Helper"

GEN-SAQ
Photo courtoisie, SAQ

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Vous rappelez-vous quand il y a eu la grande grève à la SAQ... de novembre 2004 à février 2005?   

Des petits donneurs de leçons faisaient la morale à tout le monde en disant : «Moa, moa, moa je ne traverse pas une ligne de piquetage».     

Et puis tu apprenais que ces pêteux de broue avaient une cave, un cellier, un garage ou un sous-sol rempli à craquer.    

Ils pouvaient bien se passer de la SAQ... ils étaient une mini-régie à eux tout seuls!    

Je pensais à ça cette semaine quand des (plus jeunes) donneurs de leçons ont commencé à dire : «Ouais, la SAQ, c’est pas un service essentiel, ça. Fermez-moi donc ça, on préfère boire de la tisane bio vegane.»    

Comment je vous dirais bien ça?    

En période de trouble, de turbulence, de montagnes russes, si on n’a pas le loisir de se payer un petit nanane, vous allez voir que le presto va exploser assez rapidement.    

L’alcool, c’est le «Mother’s little helper» comme le chantaient si bien les Rolling Stones... à propos d’une autre substance.    

En temps normal, on a parfois besoin d’anesthésier la dureté de la vie.     

Et vous voulez me dire qu’en cette période 1000 fois plus dure que la vie ordinaire, on se ferait retirer ce petit réconfort? C’est comme les empêcheurs de tourner en rond qui voulaient empêcher les petits vieux d’avoir une «petite liqueur» avec leur petit sac de chips parce que c’était pas bon pour leur santé.    

Lâchez-nous!    

Aujourd’hui à Qub radio, j’ai interviewé un spécialiste des dépendances Jacob Amnon Suissa, professeur et chercheur dans le champ des dépendances, et professeur en travail social à l’UQAM.    

Selon lui, la décision de laisser la SAQ ouverte est une excellente idée.    

Comme comparaison, on ne penserait pas à fermer les pharmacies qui vendent des anxiolytiques.    

Ce n’est pas la substance qui est un problème, c’est l’abus de substance, m’a-t-il dit.    

Si on ferme la SAQ, on ne règle pas le problème. On en crée un.    

Une autre remarque dans ce dossier. Ma dernière visite à la SAQ remonte à samedi dernier. Le caissier est super bête, même quand je le remercie gentiment de «rester au poste». «Ce n’est pas ma décision, Madame».    

Et en quoi a consisté sa tâche ce jour-là? Scanner de loin le code bar de mes bouteilles puis scanner de loin ma carte Inspire.    

On jase là... Mais si on peut avoir des comptoirs de service automatisé dans les grandes épiceries, où on scanne nous-mêmes nos produits, sans jamais être en contact avec un employé en chair et en os, pourquoi il n’y aurait pas la même chose dans les SAQ?    

Parce que la SAQ est une société d’État et que les syndicats n’auraient jamais accepté une telle proposition.    

Pourtant, dans les circonstances actuelles, ça protégerait magnifiquement la santé des employés, non?