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Toujours pas d’accord sur le vaste plan de relance de l’économie américaine

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Les négociations pour trouver un accord sur un plan majeur de relance de la première économie mondiale, durement frappée par la pandémie de coronavirus, se prolongeaient au Congrès américain dans la nuit de mardi à mercredi, malgré l’optimisme ayant marqué la journée.

Les sénateurs républicains, démocrates et la Maison Blanche négocient depuis vendredi sur ce qui devrait être les plus vastes mesures de relance jamais approuvées en une seule fois par le Congrès. 

Alors que la première économie mondiale est probablement déjà entrée en récession, elles devraient mobiliser autour de 2 000 milliards de dollars. 

Peu avant minuit, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, principal émissaire de la Maison Blanche pour ces tractations, continuait de s’entretenir avec les chefs républicains et démocrates du Sénat, selon des médias américain.

Le président américain Donald Trump avait appelé mardi matin le Congrès à «agir immédiatement». «Plus cela prendra de temps, plus il sera difficile de redémarrer l’économie. Nos travailleurs vont souffrir», avait-il tweeté.

«Ce plan représentera le plus gros programme d’aide destiné à l’économie réelle de l’histoire des États-Unis», avait précisé mardi soir le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow. 

«Nous avons besoin d’urgence de cette loi pour renforcer l’économie, pour injecter des liquidités et stabiliser les marchés financiers afin de traverser cette période difficile (...) mais aussi pour nous positionner avant le rebond qui, je pense, pourrait arriver plus tard cette année», avait-il ajouté, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

Il avait affirmé que les négociateurs s’attendaient «à voter aussi vite que possible». 

Mais dans la nuit mardi à mercredi, aucun texte de consensus n’avait encore était présenté et l’optimisme ambiant laissait place à la colère de certains sénateurs. 

«Votez sur ce maudit texte. Arrêtez de négocier. Ca suffit», a lancé dans l’hémicycle le sénateur républicain Lindsey Graham, un allié de Donald Trump. 

Plus de supervision réclamée

L’optimisme avait toutefois fait rebondir mardi Wall Street, le Dow Jones enregistrant sa plus forte progression en une séance en près de 90 ans.

Dimanche, puis lundi, les sénateurs démocrates ont rejeté des motions qui auraient permis un vote rapide sur le plan de relance, arguant que ce dernier était encore en négociations.

Mais le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell avait finalement déclaré mardi matin que la chambre haute était «très près» d’un texte qui intégrerait des propositions démocrates.

Les mesures incluent des aides directes versées aux Américains, des prêts pour les petites entreprises et pour les poids lourds de l’économie, dont le secteur aérien, ainsi que davantage de moyens pour les hôpitaux américains, a-t-il énuméré.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schume, a affirmé, dans la matinée également, que les derniers obstacles à l’accord pourraient être surmontés «dans les prochaines heures».  

Echaudée par les excès des bénéficiaires du plan de sauvetage de la crise de 2008, l’opposition réclame notamment à l’administration Trump une supervision accrue des prêts accordés aux grandes entreprises, le versement intégral des salaires, pendant plusieurs mois, aux employés mis au chômage technique et encore plus de moyens pour les hôpitaux.  

Lorsqu’il aura été voté au Sénat, le plan de relance devra encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant de pouvoir être promulgué par le président républicain.

Donald Trump a indiqué que les mesures ébauchées ce week-end lui avaient plu, jusqu’à ce que la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi évoque une contre-proposition avec des clauses concernant notamment l’environnement.  

«Il y avait des choses terribles là-dedans», a-t-il déclaré sur Fox News. «J’ai dit "je ne signe pas cela"». 

Mme Pelosi a reconnu que son parti aimerait notamment limiter les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes «si nous leur donnons des milliards de dollars».

Mais elle a semblé ouverte à faire approuver à la Chambre le texte qui serait adopté au Sénat, s’il était fruit d’un consensus et incluait les grandes priorités des démocrates. 

La pandémie touche aussi le Congrès, avec trois parlementaires testés positifs au coronavirus et au moins une dizaine en isolement volontaire. 

Le bilan augmente rapidement aux États-Unis, qui dénombraient mardi soir près de 800 morts et plus de 55 000 cas officiellement déclarés de Covid-19, selon l’université Johns Hopkins, qui fait référence.