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Afghanistan : jusqu’à 10 000 prisonniers libérés pour éviter une propagation du coronavirus

Afghanistan : jusqu’à 10 000 prisonniers libérés pour éviter une propagation du coronavirus
Photo d'Archives, AFP

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Jusqu’à 10 000 prisonniers seront libérés d’ici dix jours en Afghanistan pour éviter une propagation du nouveau coronavirus dans ce pays où les infrastructures de santé sont défaillantes après quatre décennies de guerre, ont annoncé jeudi les autorités. 

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Les bénéficiaires seront « les femmes, les enfants, les malades graves et les détenus de plus de 55 ans », a indiqué le procureur général Farid Hamidi dans un communiqué. 

La mesure, prise par décret présidentiel paru jeudi, « n’est pas pour ceux ayant commis des crimes contre la sécurité nationale et internationale », a-t-il ajouté, la qualifiant de « décision responsable pour préserver la santé de la population ». 

Ces libérations ne sont pas liées à un échange de prisonniers, que le gouvernement afghan négocie actuellement avec les talibans dans le cadre d’un effort pour entamer des pourparlers de paix. 

« Les prisons sont des zones à haut risque pour la transmission et la propagation du virus », a affirmé le ministre de la Santé Feruziddin Feroz dans le même communiqué. 

Le décret présidentiel prévoit la libération de « 9 à 10 000 prisonniers » qui « doit être achevée dans les dix prochains jours », a de son côté observé le directeur de l’administration pénitentiaire, Rashed Totakhail. 

L’Afghanistan compte officiellement deux morts du Covid-19, ainsi que 80 autres cas de contamination parmi les Afghans et quatre parmi les militaires étrangers. 

Mais la réalité pourrait être bien pire dans ce pays d’environ 35 millions d’habitants aux capacités de soins très limitées après 40 ans de conflits. 

L’Afghanistan n’est pas le premier pays à avoir fait ce genre d’annonce. Mercredi, le Soudan a déclaré la libération de plus de 4000 détenus, quand l’Éthiopie a fait état d’une amnistie prochaine pour 4000 de ses détenus. 

En Iran, l’agence officielle de l’Autorité judiciaire Mizan Online a cité le responsable de l’Organisation des prisons, Asghar Jahangir, disant qu’ » environ 70 000 prisonniers » ont été libérés dans le but de combattre la propagation de l’épidémie. 

L’interdiction de visites aux détenus pour limiter la transmission du virus a provoqué des émeutes dans les prisons italiennes et des évasions au Brésil ou au Venezuela. 

« Les efforts de lutte contre la propagation de la maladie pourraient échouer si l’on néglige les mesures de lutte anti-infectieuse dans les prisons », a averti lundi l’Organisation mondiale de la santé dans un rapport à destination des gouvernements et des établissements pénitentiaires. 

Les « personnes privées de liberté (...) sont susceptibles d’être plus vulnérables à l’épidémie de coronavirus que la population générale en raison des conditions de confinement dans lesquelles elles vivent », a encore écrit l’OMS.