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Des remises en question pour Jack Hughes

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Photo AFP Jack Hughes.

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Quand on a passé toute sa jeune vie à récolter de deux à trois points par match, la réalité de la LNH frappe parfois de plein fouet. C’est ce qu’a vécu Jack Hughes, la recrue des Devils.

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Au moment où Gary Bettman a suspendu la saison, le 12 mars, l’Américain avait récolté 21 points en 61 matchs. À ce rythme, il s’approchait dangereusement d’une marque peu enviable : celle de devenir le premier choix d’un repêchage, depuis Patrik Stefan, en 1999-2000, à ne pas atteindre le plateau des 30 points à sa première saison dans le circuit.

Évidemment, les périodes de remise en question ont été fréquentes pour Hughes. Pour éviter que son attaquant perde confiance, Alain Nasreddine s’est assuré qu’il demeure dans un bon état d’esprit. Le genre de défi un peu plus difficile à réaliser avec les jeunes prodiges en raison de la domination qu’ils ont établie à chacune des étapes de leur ascension vers la LNH.

« C’était difficile de le convaincre qu’il y avait de la progression dans son jeu et qu’il s’améliorait », a déclaré l’entraîneur-chef des Devils dans une généreuse entrevue téléphonique avec Le Journal.  

« Quand tu as 18 ans, que tu es un premier choix au repêchage et que tu te compares aux autres recrues, la première chose que tu regardes, ce ne sont pas tes replis défensifs. Ce sont tes buts et tes points », a-t-il ajouté.

Un peu frêle

Dans certains marchés, pareille tenue aurait alimenté les discussions à savoir s’il ne vaudrait pas mieux envoyer le jeune homme quelques semaines dans la Ligue américaine, histoire de se rebâtir une confiance. Est-ce un scénario qui a effleuré l’esprit de Nasreddine et de la direction des Devils ?

« Non, pas du tout », a-t-il fermement assuré.

« Il a appris beaucoup. Il a acquis beaucoup d’expérience à travers ces frustrations et cette adversité. Il va en sortir grandi, a soutenu Nasreddine. On a quand même aimé sa progression. »

« Il ne faut pas oublier qu’il est né au mois de mai, a-t-il enchaîné. Donc, il a eu 18 ans pendant toute la saison. En plus, il n’est pas gros. Je ne sais même pas s’il pèse vraiment 170 livres [son poids officiel selon la LNH]. Je pense que c’est juste ça qui l’empêche de jouer à son niveau. »

Un déplacement à l’aile

Au lieu d’un séjour dans la Ligue américaine, Nasreddine lui a plutôt offert une mutation à l’aile pendant une douzaine de matchs. Ainsi, il a pu le soustraire à certaines responsabilités défensives parfois difficiles à assimiler pour un joueur recrue.

« Il avait de la difficulté sur les mises en jeu parce qu’il n’était pas assez fort. Et dans le fond de notre zone, quand il se trouvait à lutter contre des adversaires comme Anze Kopitar ou Sean Couturier, ce n’était pas évident », a expliqué l’entraîneur montréalais.

Ce déplacement à l’aile a également permis à Nasreddine de le jumeler à des joueurs qu’il estimait pouvoir mieux le compléter. Au centre, ses options étaient plus limitées.

« C’était difficile de lui trouver deux ailiers capables de jouer son style. Alors qu’à l’aile, avec [Nico] Hischier, capable de jouer dans les deux sens de la patinoire, et [Kyle] Palmieri, un franc-tireur, on se disait que ça cliquerait plus, a raconté Nasreddine. Ça n’a pas fonctionné autant qu’on aurait souhaité. Les points n’étaient pas là, mais les gars ont créé des occasions de marquer. »