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En isolement, il accumule les tickets

Sa famille et lui ne veulent pas risquer de contaminer les aires communes de son condo

Soheil Ghaemi
Photo Michaël Nguyen Les agents de stationnement n’ont pas laissé de répit à un Montréalais qui a stationné sa voiture avec un message expliquant qu’il était malade et en isolement.

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Un Montréalais qui s’est placé en quarantaine depuis que sa conjointe, leur bébé et lui-même sont tombés malades n’en revient pas d’accumuler les contraventions pour son véhicule stationné dans une rue résidentielle.  

« J’ai laissé une note sur ma voiture expliquant la situation parce que je ne veux pas sortir de mon condo pour ne pas risquer de contaminer les aires communes... On est dans un contexte de pandémie, il n’y a pas de chances à prendre », explique Soheil Ghaemi en entrevue au Journal.   

C’est que la semaine dernière, le Montréalais, sa conjointe et leur bébé de 17 mois ont présenté des symptômes de la COVID-19.    

Inquiets, ils ont appelé la ligne gouvernementale et se sont fait dire de se placer en isolement volontaire.   

C’était au moment où il y avait beaucoup moins de dépistage qu’actuellement.   

Disant vouloir être responsable, M. Ghaemi a suivi les consignes à la lettre en restant confiné dans son condo, sans même sortir son recyclage de peur de contaminer l’immeuble. Ce sont ses parents qui font son épicerie et qui déposent le tout devant sa porte.   

Comme Soheil Ghaemi ne veut pas sortir de risque de contaminer les aires communes de son condo, c'est le représentant du Journal qui les lui a apportés devant sa porte.
Photo Michaël Nguyen
Comme Soheil Ghaemi ne veut pas sortir de risque de contaminer les aires communes de son condo, c'est le représentant du Journal qui les lui a apportés devant sa porte.

Quant à sa voiture, il l’a stationnée devant chez lui, sur une rue résidentielle, avec un écriteau disant être en isolement.   

« Ce serait stupide de sortir et risquer de contaminer le monde, dit-il. C’est la première journée où je n’ai pas de toux, mais je préfère encore attendre et ne pas prendre de risque. »   

Pas de répit  

Sauf que les agents de stationnement ne lui ont pas laissé de répit. En une semaine, M. Ghaemi a écopé de trois contraventions pour s’être garé du mauvais bord de sa rue résidentielle.   

« Le pire, c’est qu’à partir de la semaine prochaine, dès le 1er avril, on aura le droit de se stationner des deux bords de la rue, déplore M. Ghaemi. J’espérais que les agents utilisent un peu plus leur jugement. »   

Compte tenu des circonstances, le Montréalais compte bien contester les trois contraventions qui totalisent 117 $.   

La Ville de Montréal a cependant fait savoir qu’elle ne laissera pas vraiment de répit aux automobilistes malgré la crise du coronavirus.    

La seule modification à ce jour à Montréal est que les interdictions pour le nettoyage des rues sont repoussées du 1er avril au 1er mai.