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Ensemble, nous vaincrons

Louise Brissette
Photo courtoisie Louise Brissette et ses enfants

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En ces temps difficiles, notre monde a besoin de modèles de résilience et de courage. Louise Brissette, maman de 24 enfants handicapés, en représente un parfait exemple. 

Dans le quotidien de cette mère de famille des plus spéciales, le stress et l’anticipation n’ont pas leur place, comme elle me l’avait raconté lors d’une grande entrevue en début d’année. Or cet état d’esprit s’avère des plus avisés alors qu’une pandémie nous frappe.  

Rien ne sert d’appréhender, tranche-t-elle, car appréhender, c’est du stress, et on ne peut rien résoudre à l’avance. « Dans ma vie, c’est toujours un peu au fur et à mesure [...] Ma confiance envers le bon Dieu augmente », dit cette femme à la foi inébranlable, qui voit dans cette pandémie l’occasion de s’aimer, de s’entraider et de se respecter. 

« On s’aperçoit que c’est vraiment ça l’essentiel, le plus important. Les enfants, ils nous le prouvent tous les jours. Je suis dans la manne avec eux, ils sont très présents. » 

Ainsi, malgré son horaire très chargé, Mme Brissette trouve le temps d’appeler de vieilles connaissances, « de bonnes vieilles dames » qui sont des amies de la famille ou qu’elle a déjà traitées comme physiothérapeute ou ostéopathe. 

« Ça leur fait du bien et c’est tant mieux, je peux le faire, et ça nous fait du bien aussi personnellement quand on sent qu’on a aidé quelqu’un juste par un simple petit coup de fil. » 

Les enfants participent aussi à ces appels de réconfort. « Finalement, on est dans un climat de joie, parce que quand on donne, on est heureux, dit-elle. On n’a pas le temps d’avoir peur. » 

Où trouve-t-elle le temps ? « Il y a 24 heures dans une journée, répond-elle, et quand je mets mes patins – elle se déplace en patins à roues alignées dans la maison pour plus d’efficacité –, je dis toujours que ça me permet de faire une journée à deux étages. » 

Mesures de précaution  

N’empêche, depuis la semaine dernière, chez les Brissette, des mesures particulières ont été mises en place afin de s’assurer que le virus ne fasse pas aussi son entrée dans la maison de Saint-Anselme.  

Certains des enfants Brissette présentent après tout un état de santé plus précaire. Là encore, toutefois, pas question pour la mère de famille de se faire du mauvais sang. Certains ont même fait le voyage avec la famille en Équateur, et tout s’est bien passé.  

Ainsi, toute personne qui entre dans la maison, dont les huit éducatrices, doit changer de vêtements et effectuer un rince-bouche au sel. Tous doivent aussi se laver les mains plus souvent, ce qui inclut les enfants. Les poignées de porte sont désinfectées souvent.  

Quant à Mme Brissette, elle va prendre l’air sur le terrain, mais rien de plus. Âgée de plus de 70 ans, elle écoute les consignes du gouvernement, qui prend, selon elle, les bonnes décisions. 

Mécènes au rendez-vous 

Puis, les mécènes qui viennent en aide à sa famille, à travers l’œuvre des Enfants d’amour, sont toujours au rendez-vous, malgré la situation difficile. Avec 24 bouches à nourrir, Mme Brissette doit pouvoir notamment compter sur des dons de nourriture, mais aussi de vêtements. 

Mme Brissette a également pu avoir des nouvelles de la mission d’Haïti La Petite Béquille. Des cas de coronavirus sévissent également au pays, mais les infirmières responsables veillent au grain et, pour le moment, tout se passe bien.  

Bien que la situation soit dramatique pour beaucoup de gens, Mme Brissette croit qu’ensemble, nous vaincrons. « On va connaître davantage les humains autour de nous, et ce sera merveilleux après. »

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