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La géolocalisation pour suivre les patients? Ça ne fonctionnerait pas aux États-Unis

La géolocalisation pour suivre les patients? Ça ne fonctionnerait pas aux États-Unis

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 Depuis le début de la pandémie, nous observons les différentes stratégies déployées par les pays touchés et nous tentons de dégager les meilleures approches. Confrontés à un nouvel ennemi, nous apprenons les uns des autres.  

Parmi les pays qui sont parvenus à limiter la propagation, certains ont utilisé la géolocalisation des personnes atteintes du virus. On a distribué des téléphones, utilisé la carte SIM d’appareils existants ou encore distribué des bracelets utilisant la technologie Bluethooth. Non seulement pouvait-on localiser les patients pour s’assurer qu’ils respectent la quarantaine, mais, dans certains pays, on pouvait informer le reste de la population des secteurs précis à éviter.  

Aux États-Unis, des observateurs se demandaient pourquoi la géolocalisation ne faisait pas partie de l’arsenal déployé pour stabiliser le nombre de cas et assurer des suivis. Hier, quelques médias (Axios effectuait un très bon boulot hier) s’intéressaient à cette question; ils en sont venus à la conclusion que la géolocalisation ne fonctionnerait pas aux États-Unis, pour une longue liste de raisons dont je partage l’essentiel avec vous.  

Tout d’abord, certains des pays qui ont eu recours à cette approche ont un régime autoritaire. Il y est généralement plus aisé d’imposer une mesure ou des restrictions. Est-ce à dire qu’un régime démocratique ne peut envisager pareil outil? Non, mais il faut s’attendre à une réaction rapide des défenseurs des libertés civiles. Leurs arguments et mises en garde ne peuvent en aucun cas être balayés du revers de la main. Une réflexion s’impose sur les retombées à moyen et à long terme à ce chapitre.  

Un autre facteur qui freine cette initiative aux États-Unis réside dans le retard cumulé dans les tests de dépistage. La géolocalisation ne constitue qu’un outil supplémentaire, mais la première mesure importante est de déterminer qui sont les porteurs. Il est déjà trop tard pour tirer avantage de ce volet de l’opération chez nos voisins.  

Autre indicateur qui rend inefficace le recours aux technologies: le manque de cohésion de la réponse du gouvernement fédéral et des gouvernements des États dans l’application des mesures de confinement. Ce ne sont pas tous les acteurs qui contribuent à «aplanir la courbe». On peut à peine imaginer le nombre de cas qui échappent aux autorités et qui continuent à propager le virus, non seulement dans leur localité, mais parfois à des endroits qui étaient très peu touchés. Les statistiques récentes démontrent que la COVID-19 pénètre maintenant les États du centre du pays et les zones rurales qui, jusqu’à maintenant, étaient peu ou pas touchées.  

Si la géolocalisation ne peut être envisagée aux États-Unis, cela ne signifie en rien que les technologies ne peuvent contribuer à lutter contre la COVID-19. Le recours à l’information dispensée sur le web peut sauver des vies et informer des gens.  

Les programmes de superordinateurs sont déjà mis à profit pour mieux comprendre le virus et envisager des traitements. J’ai également partagé avec vous des liens vers des sites utilisés par les responsables de la santé publique pour déterminer les zones à risque et estimer l’évolution de la propagation. On évoque même le recours aux imprimantes 3D pour produire du matériel qui tarde à arriver.  

La technologie, c’est aussi l’utilisation des réseaux sociaux. Souvent montrés du doigt pour la désinformation, ce sont aussi de précieux lieux de rencontre à un moment où, confinés, les gens éprouvent le besoin d’être en contact. Pour un, je constate que Facebook est devenu un lieu de rencontre pour partager des inquiétudes et des informations, ou pour faire circuler des messages humoristiques qui contribuent parfois à faire baisser les tensions. De plus en plus, on tend une main virtuelle à ceux et celles qui en ont besoin.