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Le rouge revient sur des marchés effrayés par la propagation du virus

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L’horizon s’est obscurci jeudi pour les marchés, à nouveau en baisse, effrayés par la propagation implacable du nouveau coronavirus partout dans le monde et en particulier aux États-Unis, première économie de la planète. 

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Le rouge a fait son retour en Asie, où Tokyo notamment, après deux séances de gains spectaculaires, a brutalement marqué le pas, face aux craintes croissantes d’une flambée de la maladie dans la capitalae japonaise. 

La petite éclaircie des deux derniers jours en Europe a également été balayée. 

Vers 8 h 45 (heure de Montréal), Paris perdait 2,02 %, Francfort 2,67 % et Londres 2,67 %. Milan reculait de 1,23 % et Madrid de 2,15 %. 

Et la couleur s’annonçait identique aux États-Unis. Le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 0,50 %, celui de l’indice élargi S&P 500 0,87 % et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, 0,51 %. 

Malgré un confinement qui concerne désormais plus de trois milliards de personnes, le bilan ne cesse en effet de monter avec au moins 21 867 victimes. 

Juste avant l’ouverture des places américaines, le patron de la Fed a pourtant essayé de rassurer une fois de plus, en promettant que son institution allait continuer à prêter de l’argent « agressivement » pour combattre l’impact économique de l’épidémie, mais cela n’a pas infléchi la tendance. 

Les investisseurs s’inquiètent « de la propagation quasi incontrôlée du virus aux États-Unis et en particulier à New York, qui se confine de plus en plus », estime John Plassard, spécialiste de l’investissement chez Mirabaud. 

« Aux États-Unis, nous n’avons que deux semaines de recul, avec des réactions différentes d’un État à l’autre : la Californie et New York ont pris des mesures de confinement, mais le Texas, par exemple s’y refuse », souligne auprès de l’AFP Daniel Morris, stratégiste senior chez BNP Paribas Asset Management. 

« La situation est donc toujours difficile à évaluer », mais au vu des baisses conséquentes, « le marché table déjà sur une récession sévère », complète-t-il. 

« Le PIB des États-Unis est d’environ 22 000 milliards de dollars, soit 1.800 milliards de dollars par mois. Si l’activité économique baisse de 25 %, cela représente environ 500 milliards de dollars par mois », calcule l’expert. 

Avec les 2000 milliards mis sur la table par l’exécutif américain, cela permet de tenir quatre mois et seulement deux si l’activité est réduite de moitié, poursuit-il. 

Dans ce contexte, le marché du pétrole évoluait aussi dans le rouge vers 8 h 10 (heure de Montréal), avec un prix du baril de brut américain WTI en retrait de 3,80 % à 23,56 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,23 % à 26,78 dollars. 

Et l’euro continuait de s’apprécier face au dollar. 

Sur le marché de la dette, les mouvements restaient limités. 

« Le marché se sont calmés depuis que les programmes massifs de la Fed et la BCE ont été dévoilés », a noté auprès de l’AFP Eric Vanraes, gérant obligataire de la banque suisse Eric Sturdza. 

Explosion du chômage aux États-Unis

Mercredi, les indices européens avaient pourtant réussi à enchaîner une deuxième séance de hausse d’affilée, grâce au vote par le Sénat américain d’un plan « historique » de 2000 milliards de dollars. 

Le plan doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, vendredi, avant d’être promulgué par le président américain. 

En Allemagne, les députés, après des années de rigueur budgétaire, ont également adopté un plan de sauvetage « historique » de près de 1100 milliards d’euros. 

Alors que le G7 qui regroupe sept grandes puissances économiques a peiné à afficher son unité contre le Covid-19, entre des États-Unis accusant la Chine de « désinformation » et des Européens insistant sur la nécessaire coopération avec Pékin, les investisseurs attendaient avec anxiété les derniers chiffres des demandes hebdomadaires d’allocations chômage outre-Atlantique. 

Celles-ci ont explosé en raison de la pandémie avec plus de trois millions de personnes supplémentaires qui ont demandé à en bénéficier la semaine passée, un record historique, selon le département du Travail.

Après l’effondrement attendu en Allemagne du moral des consommateurs allemands en avril, selon le baromètre GfK et une lourde chute du climat des affaires en France, les craintes des marchés ont ainsi été confirmées.