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Ma fête à l’ère du coronavirus

Mon 33e anniversaire ne ressemblait en rien aux précédents, mais il m’a permis de renouer avec les petites choses

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Photo courtoisie Mon conjoint a immortalisé ce moment où j’ai soufflé les bougies de mon gâteau en boîte, en regardant Un zoo pas comme les autres.

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 Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels, dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront. 


La semaine dernière, je célébrais mon 33e anniversaire. 

J’appréhende toujours un peu ce premier jour du printemps, où je fais une rétrospective de ce que j’ai accompli dans les 12 mois précédents. 

Cette année, j’avoue que j’angoissais un peu plus qu’à l’habitude, à l’idée de passer ma fête seule avec mon chat. 

À l’ère du coronavirus, pas question de réserver dans mon restaurant de tartare préféré ou d’inviter des amies à la maison. Ça, de toute façon, c’était avant le resserrement des règles de confinement. 

Mes parents, tous deux sexagénaires, vivent dans ma Mauricie natale, alors que je réside en banlieue de Montréal.  

Quatre jours avant mon anniversaire, j’ai reçu ce texto de ma mère :  

« On en a jasé ton père et moi, et on pense que ce serait peut-être préférable de remettre notre rencontre pour ta fête. Il faut être très sages, on est désolés. » 

« Ça va, je comprends », ai-je répondu.  

Je n’allais pas célébrer mon huitième anniversaire après tout. Pas besoin de ballounes ou de petits clowns, mais quand même... 

Je souhaitais surtout que mon conjoint puisse être avec moi. Mon conjoint qui fait partie de ces premiers répondants œuvrant sur la ligne de front en tout temps, mais encore plus actuellement. 

Et s’il devait rester au travail, en heures supplémentaires, parce que certains de ses collègues doivent combattre ce foutu virus, ce n’est assurément pas parce qu’il ne m’aime pas, me répétai-je. 

Gâteau en boîte 

Son amour pour moi, c’est dans quelques semaines qu’il sera vraiment mis à l’épreuve, me disais-je, quand il réalisera que la couleur naturelle de mes cheveux n’est pas — plus — brun violacé.  

J’ai finalement pu passer ma fête avec mon conjoint. On a fait une promenade dans le quartier, on a fait un feu dans la cour avec de la musique, rien d’extravagant. 

On m’a surtout fait un gâteau Betty Crocker en boîte, comme je n’en avais pas eu depuis au moins 20 ans !  

On l’a mangé en pyjama sur le sofa, avec le chat, en regardant des épisodes d’Un zoo pas comme les autres, qui s’accumulaient sur mon enregistreur. 

C’était très relaxant comme fête, pas d’acouphène en se couchant, pas de mal de tête le lendemain. 

Quand toutes les fioritures et les excès ne sont plus possibles, on revient à l’essentiel, aux bonheurs purs et simples.  

Mon 33e anniversaire en était certainement un pas comme les autres.