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Coronavirus: le CIO dans l'embarras

Coronavirus: le CIO dans l'embarras
Photo d'archives, AFP

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La controverse continue de tourner autour du Comité International Olympique (CIO), qu’on accuse d’avoir mis en danger la santé de nombreux athlètes à la suite du report tardif des Jeux de Tokyo. 

Un exemple flagrant a fait surface quand on a annoncé qu’au moins sept personnes ont été déclarées positives pour le coronavirus après avoir participé, plus tôt ce mois-ci, à un tournoi de qualification de boxe olympique à Londres. La compétition, destinée aux athlètes européens, regroupait 350 boxeurs en provenance de 40 pays. 

Non sans raison, le président de la Fédération turque de boxe, Eyup Gozgec, a vivement dénoncé la situation au cours des derniers jours. Ses paroles ont fait le tour de la planète, trouvant notamment écho dans le quotidien britannique The Guardian de même que dans le quotidien américain New York Times

«La santé des athlètes n'a absolument pas été prise en compte en premier c'est la raison de notre frustration, a-t-il déclaré, au journal new-yorkais. Pourquoi ont-ils permis la tenue de cet événement alors que le monde était déjà au bord de cette pandémie mondiale au cours des trois derniers mois?» 

Pour résumer la situation, l'événement du 14 mars a été autorisé par la CIO malgré les annulations et les avertissements généralisés concernant la pandémie de la COVID-19. La fédération turque avance que trois de ses athlètes ont contracté le virus à Londres, tout comme l'entraîneur-chef Seyfullah Dumlupinar. En Croatie, le regroupement soutient que deux entraîneurs et un participant l'ont contracté à la même compétition. 

Chose certaine, le tournoi s’est déroulé alors que l'épidémie était déjà présente en Grande-Bretagne. 

Trop tard? 

Rappelons que le Comité olympique canadien a pour sa part pris la décision, le dimanche 22 mars, de ne pas envoyer ses athlètes aux Jeux olympiques de Tokyo, si ceux-ci devaient être maintenus. Le report d’un an a été annoncé deux jours plus tard. 

«J’aimerais que le sport canadien soit perçu à l’échelle internationale comme une communauté qui prend des décisions ensemble et qui, durant une période de crise, laisse tomber l’objectif de gagner des médailles d’or et priorise plutôt la santé de ses athlètes et de la population de son pays», avait clamé le chef de la direction du Comité olympique canadien, David Shoemaker. 

Dans le monde de la boxe olympique plus particulièrement, le directeur haute performance de Boxe Canada, Daniel Trépanier, avait pour sa part réagi dans une entrevue accordée au Journal

«On ne se demandait pas si ça allait arriver, a-t-il dit, à propos du report des Jeux. On se demandait seulement quand la décision allait tomber.» 

Maintenant, la question reste à savoir si le Comité International Olympique n’a pas agi trop tard. Chose certaine, l’organisation présidée par l’Allemand Thomas Bach est sévèrement pointée du doigt.