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Fêter au temps du coronavirus

En période d’isolement, célébrer son anniversaire se fera bien différemment

Karine Gagnon
Photo courtoisie Il faut trouver le moyen de profiter de chaque petit moment de bonheur, même si c’est parfois difficile.

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 Nos journalistes vivent eux aussi toutes sortes de problèmes et de péripéties dans leur vie quotidienne. Ils nous livrent ici leurs témoignages personnels dans lesquels plusieurs de nos lecteurs se reconnaîtront. 


Dans notre famille, comme dans bien d’autres, les fêtes d’anniversaire font partie de ces événements sacrés où l’on se retrouve pour célébrer et faire bonne chère.  

Du plus loin que je me souvienne, l’excitation et le bonheur de savoir que ce jour s’en venait étaient pour moi sans égal. C’était une journée spéciale où je me sentais spéciale, et où tout l’amour de mes proches résonnait à l’unisson.  

Ces fêtes, qui ne revêtaient pas tout le fla-fla de certaines fêtes d’enfants des années avant le coronavirus, font partie de mes plus beaux souvenirs d’enfance.  

Elles s’inscrivent aussi parmi mes plus beaux moments de vie adulte, pour le plaisir de se retrouver, de jaser, de chanter et de manger ensemble. Plusieurs vont se reconnaître à travers ces propos. 

La plus grande richesse 

J’ai la chance d’être entourée d’amour, la plus grande richesse qui soit. Célébrer la vie en compagnie de ses proches représente certainement l’une des plus belles choses qui soient. Peu importe le temps qui passe et la vie qui, toujours trop vite, file davantage.  

N’allez d’ailleurs pas croire qu’avec le temps, les anniversaires puissent devenir moins importants, ou ne sont plus des fêtes parce qu’on vieillit.  

Le touchant reportage de ma collègue Stéphanie Martin sur l’anniversaire de deux sœurs de 90 ans en représente une belle preuve. Le visage des jubilaires, devant les proches réunis de l’autre côté d’une fenêtre pour leur souhaiter « bonne fête », en dit très long.  

Cœur gros  

La distance, on finit par s’y faire. On se raisonne en se répétant que c’est pour notre bien collectif, et que ce n’est que temporaire. Mais dans ces moments supposés de réjouissance, elle pèse plus lourd.  

Il faut dire aussi que les petits deuils quotidiens, depuis quelque temps, se bousculent au portillon pour nous tous. Les moindres projets meurent au feuilleton, et les moyens de s’échapper de la morosité et de la détresse ambiantes se font rares.  

Alors voilà, j’ai le cœur gros. Car cet anniversaire, en période d’isolement et de distanciation sociale, n’aura rien à voir avec les précédents. J’ai en ce sens une pensée pour tous ceux qui ont soufflé ou souffleront, seuls, leurs bougies cette année.  

Ce ne sera pas mon cas, ce qui représente une grande chance, et vient mettre un baume sur ma peine. 

Et je serai là pour réconforter à mon tour ma fille, qui très bientôt soulignera son « Sweet Sixteen » sans ses amis et bien des gens qu’elle aime. Ensuite, ce sera le tour de ma mère, pour qui les soupers de famille sont si importants.  

On va se reprendre, les filles. Et quand on va pouvoir fêter comme il se doit, à nouveau, on le fera comme jamais auparavant. Comptez sur moi.