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Des investigations primordiales pour stopper la pandémie

Une équipe de 100 personnes travaille d’arrache-pied à Montréal pour enquêter auprès des gens infectés

Entrevue avec le Dr Paul LeGuerrier
Photo Ben Pelosse Les Montréalais infectés par la COVID-19 collaborent bien aux enquêtes de la santé publique, constate le Dr Paul Le Guerrier, médecin-conseil à la Direction régionale de la santé publique de Montréal.

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Engagés dans une véritable course contre la montre, une centaine d’employés de la santé publique de Montréal réalisent des dizaines d’enquêtes épidémiologiques chaque jour auprès de gens infectés par la COVID-19, dans le but de stopper la propagation du virus dans la communauté. 

• À lire aussi: [EN DIRECT 29 MARS] Les derniers développements de la pandémie de COVID-19

• À lire aussi: COVID-19: des chiffres encourageants

« On a une très bonne collaboration des gens [sur qui] on enquête », souligne d’emblée le Dr Paul Le Guerrier, médecin-conseil à la Direction régionale de la santé publique de Montréal. 

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, plus de 1360 personnes ont été déclarées positives et ont fait l’objet d’une enquête par la santé publique de Montréal. 

Il s’agit de la région la plus touchée par la COVID-19 au Québec. 

Dans la journée de lundi dernier seulement, 157 patients atteints du coronavirus ont été contactés par des enquêteurs, à Montréal. 

En Chine, l’enquête épidémiologique auprès des gens infectés a été reconnue comme un élément clé pour stopper la propagation du virus. 

Elle a pour but de découvrir comment la personne a été infectée et si elle en a infecté d’autres. 

« L’idée de l’enquête, c’est identifier toutes les personnes atteintes et de les isoler, souligne le Dr Le Guerrier. Si on les retire de leur environnement, elles ne peuvent plus transmettre l’infection à d’autres personnes. » 

« Niveau de risque » 

À Montréal, la santé publique appelle les malades dans un délai maximal de 24 heures après un résultat positif (voir étapes de l’enquête). 

« On essaie de déterminer le niveau de risque », dit le Dr Le Guerrier. 

Chaque patient infecté doit dresser une liste exhaustive des gens avec qui il aurait pu être en contact. 

Or, l’enquête de traçabilité a ses limites, notamment lorsque des patients ont visité des lieux publics. 

C’est pourquoi des appels à tous ont été lancés dernièrement pour retrouver entre autres des usagers du transport en commun. 

« Il faut que vous nous aidiez, que vous respectiez les consignes, a rappelé mercredi dernier le Dr Horacio Arruda, le directeur national de la santé publique du Québec. Si vous recevez un appel de votre direction de santé publique [...], il faut collaborer. » 

Actuellement, environ 60 % des cas positifs concernent des gens qui reviennent de voyage ou ont été en lien direct avec des voyageurs.

Encore plus d’enquêtes ? 

Depuis quelques jours, des cas de contamination communautaire ont été recensés à Montréal, mais la santé publique n’a pas de chiffre précis à cet effet. 

Malgré une hausse drastique du nombre de cas depuis quelques jours, la santé publique assure être en mesure de répondre à la demande, et continue de faire des enquêtes individuelles. 

« On se prépare à être capables d’enquêter [sur] plus de cas », dit le Dr Le Guerrier.  

Une équipe de 100 personnes pour les enquêtes à Montréal

  • Médecins
  • Infirmières (dont des retraitées revenues aider)
  • Personnel de soutien
  • Médecins stagiaires en santé publique et communautaire 

Principaux symptômes de la covid-19

  • Fièvre (88 %)
  • Toux sèche (68 %)
  • Fatigue (38 %)
  • Expectorations (33 %)
  • Mal de gorge (14 %)
  • Maux de tête (14 %)
  • Frissons (11 %)
  • Nausées ou vomissements (5 %)

Source : Santé publique de Montréal

UNE ENQUÊTE DÉCORTIQUÉE ÉTAPE PAR ÉTAPE 

L’enquête se déroule en deux étapes : premièrement auprès de la personne infectée par la COVID-19, et ensuite auprès des gens qui auraient pu avoir été infectés par ce patient. 

Étape 1

Lorsqu’un patient est déclaré positif au test de la COVID-19, le laboratoire de dépistage avise la santé publique par fax. Plusieurs envois sont faits chaque jour. 

Étape 2

Dans un délai de 24 heures, une équipe d’enquêteurs communique avec le patient par téléphone. En général, la personne a déjà été avisée du résultat positif par son médecin traitant. 

Étape 3

Une série de questions précises sont posées : Quand la maladie a-t-elle débuté ? Quels sont les symptômes ? Revenez-vous de voyage ? Avez-vous été en contact avec un voyageur ? Quels lieux ont été fréquentés ? Qui vit sous le même toit que vous ? 

Étape 4 

La personne infectée doit fournir une liste précise de « contacts étroits », soit tous les gens qui auraient pu avoir été infectés (voir étapes « liste de contacts étroits »)

Si la personne a fréquenté des lieux publics ou utilisé le transport en commun, des appels publics peuvent être faits pour retracer la population à risque. 

Étape 5

Le patient est mis en isolement pour 14 jours. Il doit remplir chaque jour un formulaire complet sur son état de santé qu’il envoie à la santé publique. 

« On veut savoir si la maladie progresse, pour savoir quand cesser leur isolement », explique le Dr Paul Le Guerrier, médecin-conseil à la Direction régionale de la santé publique de Montréal. 

Étape 6

Hospitalisation possible si l’état de santé de la personne infectée se détériore. Si tout se passe bien, la personne termine son isolement après 14 jours. 

Liste de «contacts étroits»  

Étape 1

Les « contacts étroits » sont tous les gens qui auraient pu avoir été infectés par une personne atteinte de la COVID-19. La liste remonte à 24 heures avant les premiers symptômes de la personne malade. 

« Des fois, c’est 5 jours, des fois, c’est 14 jours », dit le Dr Le Guerrier. 

Généralement, la personne infectée envoie à la santé publique une liste de noms avec les numéros de téléphone pour joindre les personnes à risque. 

Étape 2

Pour être considérée comme étant à risque, la personne doit avoir été en contact à moins de 2 mètres de la personne infectée, durant 15 minutes. 

« On essaie de prendre un pas en avance. Ils ne sont pas malades, mais ils pourraient développer la maladie », dit le Dr Le Guerrier.

Étape 3 

Les « contacts à risque » sont appelés par un enquêteur dans un délai de 24 h à 36 h, et sont mis en isolement préventif durant 14 jours. 

Étape 4

Ils doivent rapporter s’ils développent la maladie, et ont une série de contraintes :

  • Pas de transport en commun
  • Lavage des mains obligatoire
  • Port du masque obligatoire s’ils rencontrent un médecin 

Étape 5

S’ils développent des symptômes, ils doivent consulter un médecin. Sinon, ils terminent l’isolement après 14 jours. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.