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Joe Biden protégé par certains médias?

Joe Biden protégé par certains médias?
AFP

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 Vous vous souvenez peut-être qu’il y a quelques mois, des femmes avaient reproché à Joe Biden des comportements déplacés à leur endroit. La sévérité des allégations était variable (de la trop grande proximité à l’agression) et Biden, tout en précisant n’avoir jamais eu de mauvaises intentions, avait affirmé avoir retenu la leçon. 

Ces allégations refont surface depuis quelques jours parce que l’une des femmes, Tara Reade, ancienne assistante de Biden au Sénat, est revenue à la charge. Elle accuse Biden d’agression sexuelle. Son patron l’aurait pénétrée avec ses doigts sans son consentement en 1993. Elle a relaté certains détails de l’agression au site The Hill. 

Outre The Hill, des journaux et des sites plus conservateurs ont récupéré la nouvelle et commenté la déclaration de la victime présumée. Hier et avant-hier des sources crédibles comme The Guardian et Law and Crime ont aussi relayé l’histoire, The Guardian s’interrogeant d’ailleurs sur le silence des autres grands journaux. Si vous ne lisez que des publications plus progressistes, il est bien possible que vous appreniez ici que Biden est une fois de plus dans l’eau chaude. 

Comment expliquer le silence de certaines publications dites progressistes qui ont déjà reproché aux médias plus conservateurs d’avoir fait l’impasse sur les accusations et les allégations nombreuses à l’endroit de Donald Trump? Il est bien difficile, impossible, de mettre de côté toute forme de partisanerie. Biden est à la hausse dans les sondages et peu importe le choix de sa colistière, il devance Trump par des marges de plus en plus confortables. 

Un autre facteur qui peut contribuer à modérer les ardeurs des grands journaux dans leur couverture des accusations de Mme Reade réside dans le fait que l’histoire n’est pas nouvelle et qu’on apporte relativement peu de nouveaux détails. Comme c’est trop souvent le cas, il s’agit aussi d’une histoire difficile à prouver et même la plaignante reconnaît ne pas bien se souvenir de tous les détails. Une fois de plus, le scénario connu où on doit s’en remettre à la parole de l’accusatrice contre celle du présumé agresseur. 

Là où Biden est piégé, c’est que depuis quelques années il s’est posé en champion de la lutte contre les agressions sexuelles, affirmant en de multiples occasions qu’on se doit d’écouter et de croire les femmes. Vous vous souvenez de sa déclaration lors de la cérémonie des Oscars tout juste avant que Lady Gaga, accompagnée sur scène par des victimes d’agressions, n’y aille d’une performance forte et inspirante? 

Tous les médias doivent éviter la complaisance et éviter le jeu partisan dans la couverture des accusations d’agressions sexuelles. Ce serait hypocrite d’encenser le #MeToo d’un côté alors qu’on ignore les accusations qui pèsent contre l’ancien vice-président. C’est à lui de préciser sa pensée et de se défendre, pas à des appuis dans les médias qui, au nom d’une victoire contre Trump, choisiraient de garder un silence complice.