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Un champion sans volant

Le pilote Andrew Ranger se doutait bien qu’une mauvaise nouvelle l’attendait

andrew ranger
Photo courtoisie Le pilote Andrew Ranger a remporté, en septembre dernier, un troisième championnat dans la série canadienne NASCAR Pinty’s.

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Andrew Ranger était rivé devant la télé à regarder le bulletin de nouvelles quand il a appris, le 18 mars, que les constructeurs automobiles étaient forcés d’interrompre la production de leurs véhicules en raison de la COVID-19.  

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Le vétéran pilote québécois, triple champion de la série NASCAR Pinty’s, savait bien qu’une mauvaise nouvelle l’attendait dans le détour. Ce coup d’assommoir est venu dès le lendemain matin.  

Il perd l’appui de son principal commanditaire, ce qui lui enlève, semble-t-il, tout espoir en 2020 de défendre son titre acquis avec panache l’an dernier.  

« Je me suis bien douté que j’allais écoper à mon tour quand j’ai su que Fiat Chrysler, Ford et General Motors devaient arrêter leurs activités », a-t-il raconté en entrevue téléphonique au Journal de Montréal.  

Or, Ranger doit sa participation en NASCAR au parrainage de MOPAR, une filiale du groupe Fiat Chrysler.  

« Mon patron à Toronto, Jon Camilleri, m’a téléphoné pour dire que tous les appuis financiers étaient suspendus, a-t-il poursuivi. Peu importe à quel moment les activités vont reprendre, je pense que cette décision est irrévocable. C’est pour l’année au complet. »  

Début de saison reporté ?  

Tous les autres pilotes, peu importe la série, vivent la même situation que lui. Au Canada ou ailleurs dans le monde.  

« Nous sommes en mode survie, dit-il, et on ne sait pas quand la crise va se terminer. Je pense honnêtement que ça va être très long. Je n’ai pas de boule de cristal, mais c’est une roue qui tourne. Je ne serais pas surpris de voir les premières courses de la saison 2020 être repoussées. »  

« Je ne souhaite pas de malheur à personne, mais j’ai peur que d’autres pilotes subissent un sort semblable. La série, qui compte elle sur des partenaires, vit également dans l’incertitude. »  

La première étape est prévue le 17 mai à Mosport, en Ontario. Deux autres doivent avoir lieu en juin, dont le 27 à Vallée-Jonction en Beauce.  

Pas d’argent, pas de volant  

En sport automobile, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Ranger, l’un des pilotes les plus doués de sa génération, est bien placé pour en témoigner.  

« On attend toujours le chèque, dit-il, avant d’annoncer qu’on va courir. Le propriétaire de mon écurie, D.J. Kennington est également dans l’attente. Le pire, c’est que toutes nos voitures étaient prêtes. Comme jamais auparavant. »  

Le proprio-pilote ontarien, lui aussi multiple champion de la série, est supporté par les lubrifiants Castrol.  

« Ce n’est pas le temps de tenter de convaincre des commanditaires, conclut le pilote de 33 ans originaire de Roxton Pond, car tout est arrêté. Les courses, on en convient, ce n’est vraiment pas une priorité actuellement.  

« C’est certain que quand ça va reprendre, je vais me mettre au travail pour trouver un volant. »  

Propos peu rassurants  

Or, les récents pronostics des experts ne sont guère rassurants. La COVID-19 va continuer à faire des ravages, déclarent-ils.  

À preuve, l’un des administrateurs de la santé publique du Canada a indiqué samedi dernier que « la bataille était loin d’être gagnée et qu’elle pourrait durer des mois. »  

Pire encore, le Dr Howard Njoo prétend « qu’il faudra se préparer à une seconde vague du virus. »