/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

COVID-19 : Une décision pour éviter que ça ne devienne incontrôlable

Restreindre les déplacements de la population aidera le réseau de la santé à faire face à la pandémie

Coup d'oeil sur cet article

Des experts estiment qu’il est primordial de protéger les régions peu touchées par la COVID-19, au risque de se retrouver avec un véritable « feu de forêt » à contrôler.  

• À lire aussi: [EN DIRECT SAMEDI 28 MARS] Les derniers développements de la pandémie COVID-19  

• À lire aussi: Québec ferme huit régions de la province  

« On ne veut pas que les étincelles de [foyers d’infection importants] partent pour aller s’installer dans les régions où c’est bien contrôlé [...]. L’épidémie est difficile à arrêter une fois que ça décolle », explique Benoît Mâsse, professeur titulaire à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.   

Le gouvernement du Québec a annoncé hier la mise en place de nouvelles mesures préventives pour restreindre l’accès à huit régions jusqu’à maintenant peu touchées par la crise de la COVID-19.   

Barrages routiers  

Depuis hier après-midi, des barrages policiers devaient être mis en place pour contrôler les allées et venues sur les principales artères routières, de façon à ce que seuls les déplacements jugés essentiels soient autorisés.   

Si le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, justifie cette mesure par l’âge avancé des populations en région, des experts soulèvent aussi des craintes vis-à-vis les ressources médicales disponibles.   

« Le personnel médical est particulièrement exposé au virus, et on a une plus grande capacité de roulement à Montréal. En région, il y a beaucoup moins de flexibilité. On ne peut pas se permettre d’envoyer du personnel de Montréal pour les remplacer non plus », soutient M. Mâsse.   

Il faut absolument éviter qu’il y ait trop de cas en région, croit pour sa part Benoît Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal.   

« Selon la capacité des milieux hospitaliers, on pourrait rapidement saturer et ne pas être en mesure de venir à bout du nombre de cas d’infections », soulève-t-il.   

« C’est sûr qu’il y a moins d’hôpitaux en région, mais il ne faut pas oublier qu’elles n’ont pas la population de l’île de Montréal non plus », nuance cependant Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec.   

Restez à la maison  

Selon lui, la clé du succès est de rester à la maison et de minimiser le plus les déplacements pour ne s’en tenir qu’à l’essentiel.   

« Les efforts pour confiner les cas en régions vont être un peu perdus si on continue à envoyer des gens malades infecter les gens là-bas », ajoute-t-il.   

Benoît Mâsse espère quant à lui que ces mesures permettront de contenir suffisamment l’épidémie pour que les régions éloignées puissent prêter main-forte aux foyers centraux.   

« Si on arrive à contenir l’infection dans quelques régions seulement, les autres pourront contribuer à la production de biens essentiels qu’on pourrait avoir de la difficulté à faire dans la mesure où tout le monde est isolé », conclut-il.    

SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN  

Photo Didier Debusschere

Les mesures de protection de la population qui est vieillissante et vulnérable rassurent la mairesse de Saguenay, qui déplore que des gens continuent d’affluer vers leurs résidences secondaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean et ne respectent pas les mesures de distanciation sociale.   

« Comme ce phénomène-là commençait à s’installer graduellement, je crois que cette décision permettra aux gens de comprendre qu’ils doivent rester chez eux. De poser le geste de nous isoler, c’est une bonne chose », assure Josée Néron.   

Dès 16 h, hier, alors que les nouvelles mesures prenaient effet, un barrage routier sur la route 175, à la hauteur de Stoneham en direction nord, obligeait toute personne qui n’était pas originaire du Saguenay à rebrousser chemin. Le Journal a constaté que même les personnes prises en défaut disaient comprendre la situation et retournaient sur leurs pas sans rechigner.   

« Je pense que c’est une bonne idée. Les cas commencent à augmenter de façon draconienne », lance Étienne Laplante, qui espérait se changer les idées après plusieurs jours isolé chez lui.   

- Jérémy Bernier, Le Journal de Québec   

  • Population: 277 400  
  • Âge médian: 46,7 ans  
  • Nombre de médecins: 700  
  • Nombre d’hôpitaux: 6    

GASPÉSIE + ÎLES-DE-LA-MADELEINE  

En Gaspésie, si on salue la décision du gouvernement Legault, on espère que les autorités feront preuve de souplesse dans certaines situations particulières.   

« C’est une décision que je souhaitais personnellement, tout comme mes citoyens. Mais il faut dire qu’on a reçu beaucoup de demandes de cas humanitaires aujourd’hui [hier] ; je veux m’assurer que ce soit considéré », lance Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia, une circonscription qui chevauche la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.   

Le chef par intérim du Parti québécois fait entre autres allusion aux gardes partagées entre des parents habitant dans deux régions différentes ou aux travailleurs originaires de la région, mais résidant ailleurs.   

Pour le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, la nouvelle mesure « ne change pas grand-chose » pour sa municipalité. Le ministre François Bonnardel avait déjà annoncé, plus tôt cette semaine, que la traverse entre les Îles-de-la-Madeleine et le Québec ne pourrait plus faire monter de passagers à compter d’aujourd’hui.   

- Jérémy Bernier, Le Journal de Québec   

  • Population: 90 700  
  • Âge médian: 52,9 ans  
  • Nombre de médecins: 296  
  • Nombre d’hôpitaux: 5    

BAS-SAINT-LAURENT  

Photo collaboration spéciale, Alexandre D'Astous

Au Bas-Saint-Laurent, les nouvelles restrictions devraient apaiser une partie de la population qui s’inquiétait de voir arriver dans sa région des propriétaires de chalets estivaux cherchant à fuir les grands centres. Ce phénomène « créait une certaine angoisse, chez certains résidents » selon le maire de Rimouski, Marc Parent.   

- Dominique Lelièvre, Le Journal de Québec   

  • Population: 197 400  
  • Âge médian: 50 ans  
  • Nombre de médecins: 517  
  • Nombre d’hôpitaux: 7    

NORD-DU-QUÉBEC  

« Le problème, c’était le déplacement vers les autres régions. La mesure demandée par la santé publique, ça nous convient. Il faut faire un effort de guerre », fait valoir la vice-présidente du gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James, Manon Cyr. Le Nunavik, inaccessible par voie terrestre, compte maintenant un cas tout comme pour les Terres-Cries-de-la-Baie-James, dans la petite communauté crie de Nemaska. En plus des restrictions entre régions, des barrages policiers seront établis entre les villages cris pour veiller à ce que ce soit seulement les déplacements essentiels qui soient permis, indique la vice-présidente du gouvernement régional.   

- Arnaud Koenig-Soutière, Le Journal de Québec   

  • Population: 45 600  
  • Âge médian: 30 ans  
  • Nombre de médecins: 151  
  • Nombre d’hôpitaux: 1    

CÔTE-NORD  

Sur la Côte-Nord, où l’accès aux soins de santé est parfois un « défi », surtout dans les petites localités, le contrôle des frontières entre les régions était réclamé par plusieurs élus et citoyens. « C’était une crainte qui était soulevée dans la population : a-t-on suffisamment de matériel, suffisamment de place pour faire face à une augmentation des cas qu’il y aurait sur la Côte-Nord ? [...] Ça nous réconforte », dit le député de René-Lévesque, Martin Ouellet.   

- Dominique Lelièvre, Le Journal de Québec   

  • Population: 91 200  
  • Âge médian: 45,1 ans  
  • Nombre de médecins: 219  
  • Nombre d’hôpitaux: 2    

ABITIBI-TÉMISCAMINGUE  

La députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, demande que, « dans un souci de cohérence », les instructions en ce qui a trait aux déplacements soient appliquées avec la « même rigueur » du côté de l’Ontario. « Notre dynamique territoriale fait en sorte que nous avons plus de proximité avec certaines communautés ontariennes qu’ailleurs au Québec, et jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’harmonisation des mesures mises de l’avant par l’Ontario et le Québec. Si on veut préserver notre monde de contagion interrégionale, il faut que cette mesure s’applique à l’ouest comme à l’est de notre frontière », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, tout en invitant la population à bien respecter les nouvelles consignes.   

- Dominique Lelièvre, Le Journal de Québec   

  • Population: 147 500  
  • Âge médian: 43,5 ans  
  • Nombre de médecins: 345  
  • Nombre d’hôpitaux: 4    

Sources : Institut de la statistique du Québec, Index Santé

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.