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Des villes se préparent pour la crue

Certains secteurs de la province surveillent leurs cours d’eau et s’arment afin d’affronter les débordements

riviere debordement
Photo Cédérick Caron L’eau de la rivière aux Chiens entre maintenant dans la cour arrière de Marc-Antoine Bergeron qui demeure sur le chemin du Bas-de-Sainte-Thérèse à Blainville.

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 Déjà fortement sollicitées en raison de la pandémie de COVID-19, des villes se préparent à affronter un défi avec la crue printanière qui se profile à l’horizon.

« Dès cette semaine, nos employés des travaux publics commencent à ensacher plus de 6000 sacs de sable » indique la mairesse de Berthierville dans Lanaudière, Suzanne Nantel, qui n’attend pas que la situation soit critique pour se mettre à l’œuvre.

La pluie de dimanche et de lundi a fait gonfler le niveau de certains cours d’eau dans le sud du Québec notamment à Sainte-Thérèse et à Blainville, sur la Rive-Nord.

Là-bas, la rivière aux Chiens est sortie de son lit sans toucher de résidences.

« Avec la COVID-19 en ce moment, c’est sûr qu’on se dit qu’on n’a pas besoin de ça [des inondations] », lance la mairesse de Sainte-Thérèse, Sylvie Surprenant, qui parle d’un défi supplémentaire.

Régions sous surveillance

« Habituellement, la rivière est cinq pieds plus basse, affirme Marc-Antoine Bergeron qui demeure à Blainville. Mes trois pompes submersibles roulent en ce moment et je m’en vais en acheter deux autres. »

Selon la carte sur la surveillance de la crue des eaux du ministère de la Sécurité publique (MSP), différents secteurs des Laurentides, de Lanaudière, de Laval, de la Mauricie, de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec étaient épiés.

Dans les régions de Montréal et de la Montérégie, on évoquait des inondations mineures à certains endroits.

Spécialiste de la surveillance des cours d’eau, l’entreprise Hydro-Météo, qui a plusieurs contrats avec des villes n’accordait pas d’entrevue lundi parce qu’elle était trop occupée.

Contraintes dues au Coronavirus

Toutes les municipalités contactées par Le Journal ont évoqué que la situation serait particulière cette année en raison de la COVID-19.

Elles ont toute évoqué le fait qu’il sera impossible d’ouvrir un centre d’hébergement pour les sinistrés en raison des mesures de distanciation sociale.

« Nous sommes déjà en contact avec la Croix-Rouge qui va s’assurer que tout le monde soit correct », explique Mme Surprenant.

Blainville, la ville voisine, indique que si des citoyens doivent être relocalisés, ils le seront dans des hôtels ou des motels.

Du côté de Lachute, toujours dans les Laurentides, on précise que des mesures de protections des travailleurs municipaux devront être mises en place, ce qui occasionnera des ralentissements du service. On anticipe aussi une quantité plus limitée de bénévoles.

L’eau monte à Sainte-Thérèse

Une Mobilisation en pleine nuit

Pompiers, cols bleus, résidents et bénévoles ont protégé des maisons avec des sacs de sable dans la nuit de dimanche à lundi.
Photo Agence QMI, Pascal Girard
Pompiers, cols bleus, résidents et bénévoles ont protégé des maisons avec des sacs de sable dans la nuit de dimanche à lundi.

Avec la rivière aux Chiens qui a continué à gonfler pendant la nuit de dimanche à lundi, la Ville de Sainte-Thérèse ne regrette pas d’avoir lancé son opération tard en fin de soirée.

« On surveillait la situation. On regardait le niveau de l’eau et les précipitations attendues. On s’est dit qu’on ne voulait pas réveiller le monde en pleine nuit », indique la mairesse Sylvie Surprenant.

Vers 22 h dimanche, les différentes opérations se sont mises en branle. Des employés des travaux publics sont débarqués dans le secteur des rues de Roussy et de Rouen avec des sacs de sable. Les pompiers sont venus leur prêter main-forte.

« Vraiment, chapeau à la Ville et aux pompiers. Il y a des gens sur la rue à côté qui ne se sont même pas rendu compte que des cols bleus protégeaient leurs fenêtres pendant la nuit. Ils ont eu la surprise en se réveillant », raconte le résident Pierre Bélair.

La mairesse a aussi souligné la présence de bénévoles sur les lieux. 

« C’est dans des moments comme ça qu’on est fiers de voir que les gens sont encore solidaires », conclut Mme Surprenant. 

Dimanche seulement, il est tombé environ 35 mm de pluie dans la région de Montréal.

Difficiles souvenirs

L’alerte de débordement des eaux lancée dimanche en fin de soirée par la Ville de Sainte-Thérèse a évoqué de pénibles souvenirs pour des résidents en bordure de la rivière aux Chiens.

« Quand l’alerte est entrée sur mon téléphone vers 23 h 20, je me suis souvenu de 2017. On avait été les premiers inondés au Québec. Là, ça pourrait bien être encore le cas », se remémore Pierre Bélair qui demeure sur la rue de Rouen.

Lui et deux autres propriétaires du secteur avaient dû à l’époque faire soulever leur maison.

« Les fondations étaient brisées. J’ai eu pour 180 000 $ de dégâts et les assurances n’ont rien voulu rembourser. Ça m’a pris deux ans pour payer et faire les travaux. J’espère que ça ne sera pas à recommencer », souhaite M. Bélair.

Des bénévoles malgré la pandémie

Près d’une dizaine de bénévoles ont aidé les citoyens, les pompiers et les cols bleus qui travaillaient à protéger des maisons avec des sacs de sable.

« J’ai été surpris de voir tout ce monde. C’était ma crainte de me retrouver seul à cause du coronavirus. Je ne suis pas certain qu’on respectait le deux mètres de distance, mais personne ne toussait », raconte M. Bélair qui demeure sur la rue de Rouen depuis 30 ans.

« Un gars est arrivé en disant : “Je ne travaille pas depuis deux semaines. Fallait que je sorte venir vous aider” », poursuit-il.