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Jeux olympiques: mêmes dates, même chaleur

Les Jeux olympiques de Tokyo se tiendront du 23 juillet au 8 août 2021

Mathieu Bilodeau occupait le quatrième rang à l’épreuve de marche de 50 km des Jeux panaméricains à Lima, en août dernier, quand il avait été forcé d’abandonner au 40e km en raison de douleurs aux jambes.
Photo courtoisie Mathieu Bilodeau occupait le quatrième rang à l’épreuve de marche de 50 km des Jeux panaméricains à Lima, en août dernier, quand il avait été forcé d’abandonner au 40e km en raison de douleurs aux jambes.

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On savait que les Jeux olympiques de Tokyo se dérouleraient une année plus tard, on sait maintenant qu’ils débuteront une journée plus tôt.

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé lundi, de concert avec le comité organisateur et les 33 fédérations sportives internationales concernées, que la nouvelle version de ces Jeux se déroulera du 23 juillet au 8 août 2021. La cérémonie d’ouverture de ce vendredi 23 différera donc de 24 heures avec celle qui aurait dû avoir lieu le 24 juillet 2020 si la pandémie de COVID-19 n’avait pas existé.

« Heureux qu’ils aient pu réagir aussi rapidement de sorte que toutes les (fédérations internationales) peuvent travailler à fixer leurs calendriers », a commenté le marcheur canadien Evan Dunfee, 4e à l’épreuve de 50 km aux Jeux de Rio.

Bilodeau ravi à Sapporo

L’idée du printemps 2021, déjà évoquée par les organisateurs, n’a pas tenu le coup devant les conflits du calendrier avec notamment l’Euro de football, repoussé lui aussi d’une année et maintenant prévu du 11 juin au 11 juillet 2021. Ce report des JO à la même période l’an prochain comporte les mêmes défis liés aux pics de chaleur, mais il ne brimera pas pour autant un autre marcheur, Mathieu Bilodeau, originaire de Québec.

L’équipier de Dunfee aux Jeux de 2016, qui se trouvait en bonne position pour se qualifier pour Tokyo au moment de leur récente annulation, s’accommodait déjà à l’idée de vivre l’événement à Sapporo. En novembre dernier, les organisateurs avaient annoncé que les épreuves d’endurance de marche (20 km et 50 km) et les marathons féminin et masculin se tiendraient au nord de l’archipel, où les températures s’avèrent plus basses, quitte à restreindre ce groupe d’athlètes dans leur propre bulle à quelque 1000 km du cœur de l’ambiance.

« Ça ne me dérange pas du tout. De toute façon, nous au 50 km, on est tellement isolé dans le mouvement olympique. On arrive les derniers dans le Village olympique. Si je me fie à mon expérience de Rio, arriver à cinq jours de ma course pendant que beaucoup d’athlètes ont terminé et sont encore sur place, c’est une distraction qui a été difficile à vivre. Ça crie et tu dors moins bien. En ce sens, j’étais bien content de devoir aller à Sapporo et d’être isolé avec les marathoniens », affirme le Québécois de 36 ans, qui n’avait pas complété son épreuve aux Jeux de 2016.

La vie a changé 

Ces nouvelles dates ont actionné une chute de dominos sur différents sports qui devront revoir leurs championnats du monde qui étaient prévus en 2021. C’est le cas des fédérations géantes d’athlétisme, qui a déjà annoncé repousser son rendez-vous de Eugene en Oregon en août 2022, et de natation, qui consultera ses pays membres avant de fixer un report.

Même si le CIO a assuré que 57 % des 11 000 athlètes qualifiés pour les JO conserveront leurs acquis, Mathieu Bilodeau dit demeurer dans l’inconnu. Le 47e rang mondial qu’il occupait le situait dans le critère du top 60, mais il n’avait toujours pas réussi le standard plus en béton de 3 h 50 m. Or, comme son épreuve de 50 km sera supprimée du programme olympique après les JO de Tokyo, le nombre de compétitions qui diminue lui offre moins d’occasions de tenter le coup.

« Je ne sais rien de ce qui va arriver [sur le mode de sélection]. Oui, je vais tout faire pour me rendre aux Jeux, mais je ne mettrai pas ma vie à risque en recommençant à voyager dans l’espoir de me qualifier. Je ne vais pas sacrifier mon emploi et ma carrière pour aller aux Jeux. Le monde a changé et nos priorités changent », soutient le comptable de profession, qui habite à Canmore.

« Je n’ai pas 20 ans non plus. J’ai quand même fini 14e à Doha aux mondiaux (en septembre 2019) et ma vie n’a pas changé. Même si je gagnais une médaille à Tokyo, je ne sais pas si elle changerait. Je ne fais pas des millions avec ça. Il y a plus gros que les Jeux olympiques actuellement à penser. »