/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

COVID-19: Avalanche de témoignages inquiétants à l’hôpital

Des infirmières pleurent avant de rentrer au travail en espérant ne pas se faire infecter

Coup d'oeil sur cet article

Le « chaos » dans le milieu de la santé a poussé plus d’une centaine d’infirmières à écrire à leur syndicat pour témoigner de leur crainte d’attraper ou de propager le coronavirus en raison du manque d’équipement et de directives claires.

• À lire aussi: COVID-19: le bilan au Québec dépasse maintenant les 4 000 cas

• À lire aussi: COVID-19 : Ottawa assure mettre les bouchées doubles pour fournir l’équipement médical

• À lire aussi: COVID-19: nouvelles mesures de sécurité pour les infirmières

« Nous avons PEUR », écrit en lettres majuscules une travailleuse du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches sur le nouveau site web « Je dénonce ».

La page mise en ligne mardi compte plus d’une centaine de témoignages anonymes recueillis depuis dimanche par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

À plusieurs endroits, l’organisation des soins est digne du « Tiers-Monde » et même les lingettes désinfectantes viennent à manquer, peut-on lire.

« Catastrophe aux soins à domicile. Aucune protection, zéro », relate-t-on dans un témoignage.

« Pas de désinfectant à mains, pas de masques. Nous travaillons avec nos vêtements de ville, nous propageons probablement malgré nous le virus. Les patients nous mentent, nous nous faisons tousser dessus », écrit cette travailleuse.

Masques rafistolés

Des soignants en sont même venus à se fabriquer du matériel artisanal. C’est le cas d’une infirmière des Laurentides qui s’est confectionné un masque à partir d’un filtre à balayeuse, explique Denis Provencher, président de la FIQ-Laurentides.

Cette infirmière s’est fabriqué ce masque artisanal à partir d’un filtre d’aspirateur.
Photo courtoisie, FIQ-Laurentides
Cette infirmière s’est fabriqué ce masque artisanal à partir d’un filtre d’aspirateur.

La difficulté à avoir accès à des masques est un des sujets qui reviennent le plus souvent. Le premier ministre, François Legault, a d’ailleurs avoué en point de presse, mardi, que les stocks de protection pourraient être épuisés d’ici trois à sept jours.

« Ça nous inquiète beaucoup, mais on était déjà inquiets » en raison des échos alarmants du terrain qui se multipliaient depuis des semaines, dit Linda Lapointe, vice-présidente à la FIQ.  

« On est un peu fâchés parce qu’on ne nous a pas dit la vérité », le premier ministre ayant répété que les stocks d’équipements de protection étaient bien garnis. 

« Prends-nous pas pour des valises ! » s’exclame Mme Lapointe.

Les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et les soins à domicile sont les parents pauvres du système en matière d’équipement de protection, explique-t-elle. 

« On n’avait pas vu venir ça, les éclosions en CHSLD. [Les autorités] pensaient que ça entrerait par la voie des urgences. Là, on est pris au dépourvu. »

Pendant ce temps, des travailleuses pleurent dans leur voiture le matin avant de rentrer au boulot, racontait sur les ondes de LCN, mardi, Johanne Riendeau, qui représente les infirmières de l’ouest de Montréal.

Quelques exemples de témoignages

« Nous avons des admissions de patients diagnostiqués [avec une] pneumonie, pas de dépistage de la COVID pour ces patients. Pas de [masques] N-95 à notre disposition. Les employés qui travaillent dans l’aile des COVID [soupçonnés] peuvent travailler le lendemain sur un autre étage ! »

– CIUSSS de Chaudière-Appalaches

« La gestion de la prévention des infections est si mal organisée que c’est pire qu’au Tiers-Monde. L’urgence est chaotique, désorganisée, et le risque de contamination est majeur avec les aires où ils regroupent les patients sans aucune considération réelle du risque infectieux. À chaque jour, c’est un nouveau système avec des erreurs à chaque rotation. »

– CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

« On nous dit tantôt qu’il y a des masques, le lendemain, il n’y en a pas. Les directives changent souvent. Même chose pour les jaquettes jetables. »

– Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke

« Ma patiente a des symptômes, mais les infirmières et les dirigeants du centre d’accueil nient ses douleurs musculaires, ses maux de gorge, sa fièvre et ne veulent pas la faire dépister au COVID-19, car ils craignent de devenir un centre chaud [médiatiquement]. »

– CISSS de Lanaudière

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.