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COVID-19: Un rapatriement complexe et couteux pour des Canadiens en Inde

Ils demeurent inquiets de leur sort malgré l’envoi de six avions

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Des Canadiens coincés en Inde voient finalement leurs appels être entendus alors que six vols sont prévus pour leur rapatriement au cours des prochains jours. Malgré la bonne nouvelle, l’angoisse demeure puisque plusieurs risquent fort bien de ne pas pouvoir accéder à ces avions.  

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Des Québécois en Inde tout comme leurs proches sont soulagés de voir que les choses bougent, mais refusent toujours de crier victoire.   

Les six vols annoncés par le fédéral pourraient bien ne pas être suffisants pour rapatrier les quelque 22 000 ressortissants inscrits auprès des autorités canadiennes en Inde.   

Quatre avions partiront de Delhi et deux autres de Mumbai, entre le 4 et le 7 avril.   

12 000$ de billets d’avion  

La Famille Lanouette-Ouellet est coincée en Inde et espère pouvoir être rapatrié sur l'un des six vols prévus par Ottawa. Nadine Lanouette, Maxime Ouellet, Léon et Mathilde.
Photo courtoisie
La Famille Lanouette-Ouellet est coincée en Inde et espère pouvoir être rapatrié sur l'un des six vols prévus par Ottawa. Nadine Lanouette, Maxime Ouellet, Léon et Mathilde.

Nadine Lanouette et Maxime Ouellet, coincé à Goa avec leurs deux enfants de deux et six ans, devront dépenser une somme colossale pour être sur l’un ou l’autre de ces vols, expliquent leurs proches.   

«Ça va leur coûter environ 12 000$ de billets d’avion, sans compter le déplacement de Goa vers Mumbai qu’on estime à 1000$ et l’hébergement avant le vol. Ça devrait leur coûter environ 15 000$», raconte Julie Charron, une amie proche de la famille, qui en a contre les coûts faramineux de l’opération.   

«C’est géré par une compagnie privée de là-bas et non par le gouvernement. On va les aider à payer, mais ce n’est pas tout le monde qui va pouvoir se permettre de rentrer au pays», déplore celle qui craint pour la sécurité de ceux qui resteront en Inde, faute de moyens financiers.   

Tensions et violence  

La famille vit dans l’anxiété et l’incertitude depuis plus d’une semaine. Ils ont tenté à plusieurs reprises de quitter l’Inde, avant même l’appel du gouvernement fédéral. Les trois vols qu’ils avaient réussi à réserver ont toutefois tous été annulés.   

«Humainement parlant, ce qu’ils vivent est exigeant. Ils ne dorment pas depuis une semaine», confie Julie Charron, qui tente de les supporter à distance avec un groupe d’amis.   

«Ils ne peuvent plus sortir. L’eau potable est rare. Ils comptent sur des Indiens qui leur apportent de la nourriture, mais on ne sait pas combien de temps ça va durer. C’est une population qui commence à avoir faim et la situation sociale pourrait rapidement dégénérer. Il y a déjà des violences.»   

Vulnérables  

Mathilde Lafortune, originaire de Repentigny, est coincée en Inde. Elle espère réussir à obtenir un billet sur L'un des six vols prévus par Ottawa pour évacuer les quelques 22 000 ressortissants canadiens actuellement en Inde
Photo courtoisie
Mathilde Lafortune, originaire de Repentigny, est coincée en Inde. Elle espère réussir à obtenir un billet sur L'un des six vols prévus par Ottawa pour évacuer les quelques 22 000 ressortissants canadiens actuellement en Inde

Dans une autre région, à Rihiskesh, Mathilde Lafortune l’affirme d’emblée, elle est «vraiment contente» de voir que le gouvernement canadien parvient à organiser des vols. Ce n’est toutefois pas encore suffisant pour rassurer la jeune femme qu’elle reviendra à la maison sous peu.   

«De ce qu’on comprend, à part ce courriel, le gouvernement canadien n’intervient pas, ce qui n’est rien de rassurant. On doit s’inscrire avec nos informations personnelles sur un document Google partagé et la compagnie de transport doit nous contacter dans les 24 heures pour confirmer notre place et organiser le paiement», explique la jeune femme qui craint elle aussi que la compagnie profite de la vulnérabilité des Canadiens.   

Et si elle ne parvenait pas à avoir un billet sur l’un de ses vols, qu’est-ce qui attend la voyageuse qui se terre dans un appartement depuis le début du confinement? Rien n’est moins certain.   

«Une chose est sûre, je ne sors pas d’ici si je n’ai pas de vol», insiste celle qui craint de se retrouver à la rue si elle tente d’atteindre Delhi par ses propres moyens.   

«Ici, on m’a assuré mon appartement et de la nourriture tant qu’il y en aurait. Le confinement doit se terminer le 15 avril, mais j’ai de gros doutes que ça va s’étirer. Si je ne réussis pas à avoir ma place sur un vol, je pourrais rester pris ici jusqu’en juin», croit Mathilde Lafortune.   

Lueur d’espoir 

Coincée dans un petit village de pêcheurs de l’État de Goa, en Inde, Denise Bérubé, une Lévisienne de 65 ans, garde espoir de pouvoir rentrer au pays dans les prochains jours. 

«Les Canadiens à Goa, dont Denise, ont été contactés pour planifier le retour au Canada. Ils seront transportés à Mumbai par autobus nolisés. Ce déplacement prendra entre 12 et 14 heures. Par la suite, ils seront logés dans l’un des 3 hôtels à proximité de l’aéroport pour une nuitée avant le vol nolisé de Mumbai vers Londres et de là vers le Canada», a écrit son conjoint Raymond Verreault, mardi, au Journal

«Ce n’est pas gagné, mais on espère vraiment qu’elle pourra embarquer à bord d’un des vols de Mumbai», a ajouté M. Verreault, encore inquiet. 

Capacité inconnue  

Le Journal a contacté Affaires mondiales Canada en cours de journée mardi pour connaître la capacité exacte des six vols qui ont été annoncés, tout comme le nombre de personnes qui avaient fait une demande jusqu’à maintenant.    

Au moment d’écrire ces lignes, aucune précision à cet effet n’avait été apportée par l’organisme fédéral. 

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.