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COVID-19: Les banques doivent collaborer davantage, selon le MÉDAC

COVID-19: Les banques doivent collaborer davantage, selon le MÉDAC
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Avec des programmes gouvernementaux qui pourraient s’avérer très profitables pour les grandes banques, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) estime qu’elles doivent collaborer davantage avec les particuliers, notamment en ce qui a trait à la flexibilité des échéances de paiements hypothécaires.

«On voit bien que les programmes de l’État vont leur profiter», a lancé Willie Gagnon, directeur au MÉDAC, en entretien avec Benoit Dutrizac à QUB radio mercredi matin.

«On comprend que ce que l’État va pouvoir donner aux entreprises va dans certains cas passer par l’intermédiaire des banques, qui vont faire des profits là-dessus un jour. Il va y avoir des intérêts sur des prêts qui vont être garantis», a précisé le directeur.

Écoutez l'entrevue complète ici:

À quand des mesures additionnelles?

Les six grandes banques du Canada, ainsi que le Mouvement Desjardins, qui ont jusqu’ici annoncé un sursis de paiement allant jusqu’à six mois pour les prêts hypothécaires, s’étaient également commises à dévoiler des mesures additionnelles si les conditions économiques le requéraient.

Or, omis cette annonce faite le 17 mars dernier, dans laquelle les six grandes banques (Banque de Montréal, Banque CIBC, Banque Nationale du Canada, Banque Scotia, Banque Royale et Banque TD) et le Mouvement Desjardins se sont engagés à collaborer au «cas par cas», aucune mesure supplémentaire n’a été annoncée.

«On est en face d’un cas classique. Quand on leur demande quelque chose qu’elles ne veulent pas faire, elles disent qu’elles ne peuvent pas agir ensemble, toute la gang. Et quand elles font quelque chose qu’on ne veut pas qu’elles fassent, c’est très facile pour elles d’agir en groupe» a mis de l’avant le directeur du MÉDAC.

Willie Gagnon juge qu’il est temps d’offrir une plus grande flexibilité sur les échéances des montants à payer, notamment en ce qui a trait aux hypothèques, mais aussi en ce qui concerne directement les montants.

«Si on se retrouve à reporter les intérêts qu’on devrait payer présentement, ce n’est pas un gros effort de leur part. Elles ne font que retarder les dates, mais vont récupérer tout l’argent qu’elles auraient fait de toute façon. On s’attendrait, nous, à ce qu’il y ait des annonces des banques pour dire qu’elles vont réduire les taux pour une période donnée», a expliqué M. Gagnon.

Quant à la baisse des taux de cartes de crédit, d’ailleurs encouragée par le premier ministre Justin Trudeau, le directeur du MÉDAC croit que les actionnaires des grandes banques doivent poursuivre leurs moyens de pression pour faire entendre leur voix.

Rémunération à la baisse

Gardant un œil sur le respect des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’intérieur des grandes institutions financières, le MÉDAC évalue particulièrement leurs actions en temps de crise.

«Si l’année prochaine, on juge que les banques n’ont pas fait l’effort qu’il fallait, nous, on s’attendra à ce que le salaire de ces dirigeants-là baisse», a fait savoir Willie Gagnon, même si les politiques ESG ne sont pas arrimées aux politiques de rémunération. «Nous, ça fait des années qu’on leur demande de les arrimer», a-t-il renchéri.

Les six grandes institutions financières ont par ailleurs annoncé au début mars une baisse des salaires de leurs hauts dirigeants pour 2019.

Parmi celles-ci, à la Banque Nationale, le président et chef de la direction Louis Vachon a vu sa rémunération passer de 8,1 à 7,6 millions $, une baisse de 5,6 %. Chez TD, le président et chef de la direction Bharat Masrani a vu sa rémunération chuter de 15,3 millions $ à 12,6 millions $. Pour la Laurentienne, François Desjardins a vu son salaire diminuer de 14 % d’un coup, pour baisser à 3,09 à millions $.

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