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COVID-19: les pays occidentaux n’étaient pas prêts pour une pandémie

COVID-19: les pays occidentaux n’étaient pas prêts pour une pandémie
Photo Stevens Leblanc

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Le Québec, tout comme de nombreux pays occidentaux, n’était pas suffisamment prêt pour affronter une pandémie de cette ampleur, estiment des experts.  

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Pénurie de masques, ratés de la ligne Info-Santé les premiers jours, lenteur pour obtenir les résultats des tests... les difficultés sont nombreuses.          

Alors que le premier ministre François Legault confirmait hier que la réserve d’équipements de protection au Québec n’était que de trois ou sept jours, faut-il croire que nous n’étions pas prêts à affronter une pandémie ?           

  • Écoutez l'entrevue du PDG de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

«Absolument», répond l’historienne de la santé Laurence Monnais, directrice du Centre d’études asiatiques de l’Université de Montréal.            

  • ÉCOUTEZ la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, à QUB Radio:   

«On réalise au niveau mondial qu’on n’était pas préparés», ajoute Vinh-Kim Nguyen, médecin urgentiste à l’Hôpital juif et professeur associé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.          

Le directeur national de santé publique Horacio Arruda s’est aussi montré prudent lorsque la question lui a été posée lors du point de presse, mardi.          

«C’est l’histoire qui va nous le dire, c’est le futur qui va nous le dire, si on était prêts ou pas», a-t-il dit avant d’ajouter quelques instants plus tard: «Je ne suis pas le Bon Dieu, je ne peux pas donner une garantie, mais, certes, je pense qu’on a fait véritablement notre maximum.»           

  • Martin Beaulieu, chercheur au Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, est revenu sur le dossier à l'émission Dutrizac sur QUB Radio:  

Tous les experts s’entendent sur ce point : le travail des intervenants n’est pas en cause, bien au contraire, insiste Mme Monnais.          

Santé publique sous-financée  

Ce manque de préparation s’explique plutôt par un sous-financement de notre santé publique, selon l’experte. Et à ce chapitre, le Québec est loin d’être le seul.          

«C’est de l’indigence des gouvernements pour un champ sous-financé, sou reconnu et mal-aimé, même», dit-elle.          

«La santé publique est le parent pauvre», ajoute Guillaume Hébert, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.          

«On met en santé publique au Québec 1,2 milliard $ alors que les hôpitaux reçoivent 12,3 milliards $ et les médecins 8 milliards $, illustre-t-il. C’est sans parler des coupes drastiques de 2014 sous l’austérité du gouvernement Couillard. C’est la santé publique qui a le plus écopé.»          

«Est-ce qu’on a investi suffisamment en santé publique au Québec, je pense qu’on peut dire que non, note le Dr Nguyen. Mais le Québec n’est pas exceptionnel, c’est partout comme ça.»          

Les pays qui croyaient être les mieux préparés à affronter la pandémie ne l’étaient pas forcément, pense Mme Monnais.          

M. Arruda a d’ailleurs reconnu hier que certains pays ont une «certaine force».          

L’exemple asiatique  

«J’espère qu’on prendra exemple à plus long terme sur ce qui se passe à Taiwan, en Corée du Sud, à Singapour, qui étaient, sur certains aspects, mieux préparés que nous», souligne Mme Monnais          

Elle cite notamment la plus grande l’accessibilité aux tests de dépistage et aux masques. Par exemple, la Corée du Sud a rapidement adopté une approche de détection généralisée sur toute la population avec des cabines extérieures permettant une consultation médicale express et des résultats transmis en quelques heures.          

«Le SRAS de 2003 a servi de leçon et de réflexion aux autorités de ces pays de façon plus soutenue qu’ailleurs», explique-t-elle.          

Les pays occidentaux ont aussi établi des protocoles, mais avec les années, le financement n’a pas toujours suivi.          

Les masques stockés sont devenus périmés, comme ce fut le cas en Ontario, ou alors on ne s’est pas bien assuré que les chaînes de production étaient accessibles », illustre l’experte en guise d’exemple.          

Selon le Dr Nguyen, il faudrait considérer la santé publique comme un investissement au même titre que le réseau routier.          

Avec la collaboration d’Alexandre Robillard  

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