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Les chômeurs oubliés de la crise de coronavirus

Marlene Plourde
Photo Courtoisie Marlene Plourde

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Près de 900 000 Canadiens pourraient être laissés pour compte par les programmes d’aide destinés aux personnes privées d’emploi à cause de la COVID-19.  

• À lire aussi: La PCU n'aide pas tous les travailleurs touchés   

Selon une analyse effectuée par le Centre canadien de politiques alternatives, 870 000 personnes sans emploi se retrouveront sans source de revenus, parce qu’elles ne sont admissibles ni à l’assurance-emploi et ni à la nouvelle Prestation canadienne d’urgence.      

«Au moins le tiers des personnes actuellement en chômage au pays vont tomber à travers les mailles du filet», a souligné hier David Macdonald, un des auteurs de l’analyse.      

À son avis, des changements doivent être apportés rapidement aux programmes d’aide en place pour s’assurer que personne n’est oublié.      

La pandémie de la COVID-19 a causé la mise à pied brutale de 2,1 millions de personnes en deux semaines seulement. Ces nouveaux chômeurs se sont ajoutés à 1,2 million de personnes qui étaient sans emploi avant la crise.      

Ottawa a lancé la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui versera 2000 $ par mois aux personnes mises à pied par la COVID-19, ainsi que la Subvention salariale d’urgence du Canada, offerte aux entreprises qui gardent leurs employés.      

Toutefois, les personnes privées de travail avant la crise en sont exclues, et risquent d’en faire les frais en raison de l’impossibilité de dénicher un emploi dans les prochains mois.      

  

Appel à tous  

Êtes-vous laissés pour compte par les programmes d’aide destinés aux personnes privées d’emploi à cause de la crise de la COVID-19 ? Êtes-vous sans ressources ou sans revenus ?  

Écrivez-nous à l’adresse questions-chomage@quebecormedia.com, nous souhaitons vous entendre pour publier votre témoignage. Faites-nous parvenir également une photo de vous, ainsi qu’un de numéro de téléphone où nous pourrons vous joindre.  

  


  

Des personnes vulnérables   

Même le premier ministre Justin Trudeau a reconnu que la situation était préoccupante.      

«Nous savons qu’il y a beaucoup de personnes vulnérables qui n’auront pas accès à cet appui (du gouvernement) et qui auront besoin d’une aide additionnelle», a-t-il affirmé, hier, lors de son point de presse quotidien.      

M. Trudeau a laissé entendre que de nouvelles mesures étaient envisagées, sans toutefois donner plus de détails.      

Au Comité chômage de Montréal, Pierre Céré, responsable de l’organisme, met en lumière trois difficultés que risquent de rencontrer les personnes privées d’emploi :      

- Les personnes mises à pied avant le 15 mars doivent se plier aux conditions de l’assurance-emploi, ce qui implique des règles plus contraignantes que la PCU et des prestations inférieures dans plusieurs cas.      

- Les revenus à temps partiel ne sont pas permis avec la PCU, ce qui force les demandeurs à abandonner des emplois;      

- Avec la PCU, les départs volontaires sont interdits, ce qui place certains parents face à des dilemmes impossibles.      

Aidante naturelle   

Des lecteurs qui nous ont contactés sont, en effet, confrontés à des situations éprouvantes.      

Mme L., de Granby (qui a requis l’anonymat), a consacré tout son temps l’année dernière à son époux mourant. Celui-ci est décédé en février.      

En raison de la crise de la COVID-19, Mme L. n’a pas encore pu toucher l’assurance vie de son époux.      

Elle vit sur une rente de survivante de 765 $ par mois. Comme aidante naturelle, elle n’a droit à rien de plus. Âgée de 56 ans, elle souhaiterait bien recommencer à travailler, mais c’est impossible présentement.      

Mme L. se sent impuissante et désemparée. «Je suis poussée au pied du mur», dit-elle, en entrevue.      

Pour sa part, Marlene Plourde, de Québec, ne sait plus sur quel pied danser.      

Elle occupait trois emplois différents. Elle en a perdu un premier, en gestion de droit d’auteur, à la fin du mois de février, et a donc fait appel à l’assurance-emploi. Sa demande a été acceptée et elle obtient 800 $ par mois.      

À la mi-mars, en raison de la pandémie, Mme Plourde a été mise à pied des deux autres emplois à temps partiel qu’elle occupait, l’un au Château Frontenac et l’autre dans le secteur du tourisme.      

Il faudrait qu’elle modifie son dossier à l’assurance-emploi, mais il est absolument impossible de parler à un agent en raison des lignes débordées.      

«Où je me situe dans tout ça !», s’exclame-t-elle.      

Que va-t-il se passer pour elle ? Pourrait-elle avoir droit à la PCU ? Elle l’ignore.      

«Pourquoi ne pas donner automatiquement (la PCU) à tous les chômeurs pour quatre mois», suggère-t-elle, en concluant l’entrevue.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.