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Les Rwandais pauvres ressentent déjà les effets du confinement

Les Rwandais pauvres ressentent déjà les effets du confinement
AFP

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Avec l’impossibilité de travailler, la hausse des prix et la présence policière dans les rues, la vie des Rwandais est devenue infiniment plus difficile depuis l’annonce d’un confinement pour lutter contre le nouveau coronavirus. Et cela semble n’être que le début. 

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Des experts ont mis en garde contre le risque de pénurie de produits alimentaires dans ce petit pays enclavé de l’Afrique des Grands Lacs. Et nombre de Rwandais éprouvent du mal à se nourrir, le confinement ayant déjà mis sur le flanc l’économie nationale. 

« Pour nourrir ma famille, je ne dois pas manger moi-même », confie à l’AFP Regine Murengerantwari, une veuve et mère de quatre enfants de Kigali, qui n’a plus de revenus depuis que le gouvernement a décidé le 21 mars d’interdire tous les déplacements autres que pour s’approvisionner, aller au docteur ou à la banque. 

Le Rwanda, dirigé d’une main de fer par Paul Kagame, a été l’un des premiers pays africains à ordonner un confinement complet pour deux semaines, pour tenter d’enrayer la propagation du virus. 

Les magasins, les écoles, les transports publics ont été fermés, le Rwanda ayant alors le plus grand nombre de cas confirmés d’Afrique de l’Est. 

Depuis le Rwanda a été dépassé par l’île Maurice, qui a également instauré un confinement total, mais le nombre de cas positifs (82) y reste parmi les plus élevés de la région. Et Kigali a annoncé mercredi prolonger les restrictions en place jusqu’au 19 avril. 

Habitante d’un bidonville de Kigali, Regine, 48 ans, ne sait pas comment sa famille parviendra à survivre à cette période noire. 

Elle louait deux pièces de sa maison, l’une à un coiffeur, l’autre à une moto-taxi. Mais quand ceux-ci ont perdu leurs clients, ils ont été incapables de payer leur loyer à Regine.  

Les prix flambent

« Je n’ai aucun revenu du tout et aucune idée de ce qui va se passer à l’avenir », dit-elle. 

Le gouvernement a étendu un système d’aide aux plus défavorisés, délivrant de la nourriture à environ 20 000 personnes parmi les plus vulnérables. 

« C’était important pour moi, car ma famille n’a maintenant plus aucun revenu », observe Papias Gahungu, une moto-taxi qui a reçu quatre kilos de nourriture grâce à ce système. 

Mais les besoins sont immenses. Environ 40% des Rwandais vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale, et beaucoup, comme Regine, n’ont pas eu droit à cette aide. 

En outre, les prix sur les marchés locaux ont commencé à flamber, en raison des craintes pesant sur l’approvisionnement. 

« Parce que les chauffeurs ne délivrent pas les biens comme d’habitude, nous n’avons pas d’autre choix que d’augmenter les prix. Nous craignons que la nourriture vienne à manquer », constate Emiliene Musabyemariya, commerçante à Kigali. Selon elle, les tomates se vendent par exemple au double du prix habituel. 

Le marché noir bat aussi son plein. Un vendeur d’alcool, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a expliqué que son commerce prospérait malgré la fermeture de son magasin. 

Misère totale

« J’ai des clients et, à ma grande surprise, les affaires marchent très bien. Je dois survivre (au virus), mais secrètement (...) je livre de l’alcool à mes clients à leur maison la nuit », raconte-t-il. 

Pour ceux qui ont une voiture et de l’argent, il est encore permis de se rendre au supermarché. Ils peuvent aussi commander de la nourriture en ligne auprès des restaurants. 

Mais la suspension des transports publics a forcé les Rwandais les plus pauvres à marcher sur de longues distances pour s’approvisionner ou trouver du travail. Certains marchent même depuis Kigali pour tenter de trouver des produits meilleur marché à la campagne. 

Les tensions avec les forces de sécurité sont aussi plus marquées qu’avant. Certains quartiers de Kigali restent fréquentés et la police a mis en place des barrages, en menaçant d’arrêter ceux qui ne respecteraient pas les règles. 

La semaine dernière, 12 personnes qui refusaient de rentrer chez elles ont été arrêtées près d’une zone commerçante, après d’être montrées « violentes » selon la police. 

Dans le district de Nyanza, dans le sud-ouest de Kigali, deux hommes ont été tués par balle par des policiers qui ont affirmé avoir agi en état de légitime défense. La police a ouvert une enquête. 

Désormais dans la misère la plus totale, Regine prépare chaque matin un simple pot de porridge pour ses quatre enfants, qui sont d’ordinaire nourris à l’école. 

Ils doivent se contenter d’un bol chacun par jour et parfois il ne reste rien pour elle. Regine dit espérer que ses enfants « retourneront vite à l’école », car elle n’a « rien pour eux ici ».

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