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Transport adapté: renvoyé chez lui à cause de sa combinaison de protection

Un chauffeur du transport adapté de la STM ayant trois jeunes enfants s'est fait renvoyer chez lui lundi après-midi parce qu'il refusait d'enlever sa combinaison de protection pour se protéger de la COVID-19.
PHOTO GUILLAUME PELLETIER Un chauffeur du transport adapté de la STM ayant trois jeunes enfants s'est fait renvoyer chez lui lundi après-midi parce qu'il refusait d'enlever sa combinaison de protection pour se protéger de la COVID-19.

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MONTRÉAL – Un chauffeur du transport adapté ayant trois jeunes enfants a été retourné chez lui après avoir refusé de retirer sa combinaison de protection à la demande de la Société de transport de Montréal (STM). 

Celui qui travaille pour la STM depuis une dizaine d'années s'est présenté lundi matin au garage de la rue Jarry avec sa combinaison de protection personnelle jaune. Il venait de compléter une période d'isolement de 14 jours à la suite d'un voyage dans le sud. 

Les chauffeurs du transport adapté doivent fréquemment aider les usagers à mobilité réduite à monter à bord du véhicule, à s'attacher et à en descendre. Il est donc impossible de respecter la règle de distanciation sociale de deux mètres exigée par la santé publique. 

Le chauffeur, qui préfère rester anonyme, a effectué quelques transports d’usagers vers des établissements hospitaliers, notamment afin de recevoir des traitements de dialyse. Lors de sa pause, il a été convoqué dans le bureau de sa supérieure. «On m'a dit que je n'avais pas le droit de porter cette combinaison de protection, parce que ça fait peur aux clients et que les risques de contracter la COVID-19 sont faibles», a-t-il expliqué au «24 Heures». 

L’employé a alors proposé de porter des combinaisons jetables moins flamboyantes, ce qui a été refusé par l’employeur. «Il faut que je me protège, je suis collé sur les clients, je ne sais pas s'ils sont asymptomatiques ou symptomatiques, je ne veux pas qu'il y ait de microbes qui viennent sur mes vêtements», a précisé le chauffeur rencontré mercredi à l'extérieur de son domicile à Montréal. 

Il n'a pas voulu retourner au travail sans pouvoir porter sa protection. «Étant donné que (la STM) n'est pas capable de m'accorder une protection, c'est moi qui vais prendre un congé familial pour garder les enfants et ma femme va aller travailler», a-t-il dit. 

Question de santé et de sécurité 

Appelée à commenter, la STM indique qu’elle n’autorise pas ses employés à porter des équipements de protection personnels pour des motifs de santé et de sécurité au travail. Cette dernière fournit à ses chauffeurs du transport adapté de l’équipement de protection approuvé par la Santé publique comme des masques, des gants de latex et des lunettes de protection, ainsi que des instructions sur la façon de les porter. 

«La Société ne peut autoriser ses employés à porter des équipements de protection personnels, surtout que nous ne savons pas s'ils sont homologués ou non par la santé publique», a mentionné le directeur des communications de la STM, Alain Legault. Ce dernier précise que le transporteur a reçu des plaintes d'usagers concernant la combinaison de ce chauffeur. 

Rappelons que depuis le 17 mars, les déplacements en transport adapté s’effectuent avec un seul client à bord, à moins d'exception, et que la fréquence de nettoyage des véhicules a été augmentée.