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Il fait les sucres en ville

Il fait les sucres en ville
LOUIS-PHILIPPE MESSIER/24 HEURES/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Marcel Dupuis, 73 ans, sort le nez dehors et s’assure que personne n’approche sur le trottoir. Puis, chaussé de sandales Crocs, il se rend jusqu’aux chaudières de métal fixées sur l’érable qu’il a entaillé devant son domicile non loin de la station de métro Préfontaine dans Hochelaga. Il collecte la précieuse sève et rentre chez lui. 

Confiné comme le reste de ses concitoyens, ce septuagénaire vit quand même le temps des sucres, en pleine ville et modestement: avec deux chaudières seulement. Il a entaillé au chalumeau, à l’ancienne, le grand érable situé directement devant son appartement. 

«C’est la deuxième année que je fais ça», raconte l’homme qui a grandi au sein d’une famille d’acériculteurs à Sainte-Julienne, dans Lanaudière. 

«C’est principalement pour m’amuser, mais aussi pour faire prendre conscience aux gens de Montréal que c’est comme ça que ça se fait, traditionnellement, du sirop.» 

Curieux

Les passants curieux et les enfants du voisinage peuvent soulever les couvercles et observer la sève sucrée qui s’accumule goutte à goutte. 

«Normalement, j’attache deux petites tasses aux chaudières pour que les gens puissent goûter à l’eau. En raison de l’épidémie, je les ai bien sûr enlevées... et je vide et nettoie mes chaudières.» 

Tradition

Sa petite production sucre le bec de son voisinage immédiat. «Je fais bouillir l’eau jusqu’à l’obtention du sirop et je donne ça à deux petites voisines et à un petit voisin», dit M. Dupuis. Le printemps dernier, il affirme avoir produit quatre litres de sirop, ce qui a nécessité l’évaporation d’au moins une centaine de litres d’eau dans sa cuisine. 

Au fil des ans, M. Dupuis a également planté de nombreux arbres et arbustes fruitiers dans la ruelle derrière chez lui où chacun peut se servir: des cerisiers, un châtaignier, des framboisiers, des mûriers et de la rhubarbe, notamment.