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Jared Kushner va tous nous faire tuer (Michelle Goldberg)

Jared Kushner va tous nous faire tuer (Michelle Goldberg)
AFP

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Pendant mes lectures matutinales, le titre de l’article de Goldberg a tout de suite retenu mon attention: «Jared Kushner is going to get us all killed». Jared Kushner va tous nous faire tuer...   

Tout comme moi, vous avez peut-être remarqué que, depuis quelques jours, le président a modifié son approche et que, lors de ses points de presse, il appuie les recommandations du Dr Fauci. Ce dernier peut désormais compter sur une autre alliée pour convaincre Donald Trump: la Dre Deborah Brix. Leurs efforts concertés sont parvenus à convaincre le président des bienfaits des mesures proposées. On ne peut que s’en réjouir.        

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Dans son article de ce matin, Michelle Goldberg s’inquiète cependant de la présence en coulisses du gendre du président. Non seulement Kushner est-il déjà impliqué dans un nombre considérable de dossiers (où en est le processus de paix entre Israël et la Palestine, déjà?), mais c’est lui qui dirigerait la lutte contre la COVID-19. Goldberg, et ça me semble bien légitime, s’interroge sur les qualifications du mari d’Ivanka.        

Kushner prenait hier la parole, et ils sont nombreux à avoir dénoncé son arrogance et ses attaques directes ou indirectes contre certains politiciens alors que lui-même ne jouit d’aucune compétence médicale. Jared Kushner met en avant son expérience de gestionnaire, d’homme d’affaires.        

Michelle Goldberg s’intéresse d’ailleurs à ses compétences en gestion, sur lesquelles elle porte un jugement très sévère. Outre le fait d’être né riche et d’avoir épousé la fille d’un milliardaire, elle lui reconnaît bien peu de qualités. Elle appuie son jugement sur le contenu d’un livre de la journaliste Andrea Bernstein1 ainsi que sur les échecs des initiatives plus récentes de Kushner.        

Jared Kushner a pris les rênes des affaires familiales lorsque son père s’est retrouvé derrière les barreaux. Un père qui avait permis à son fils, élève médiocre, de poursuivre ses études à Harvard. Depuis qu’il gère la fortune familiale, Kushner a essuyé des pertes importantes.        

Non seulement Kushner n’est-il pas préparé à affronter une crise de cette ampleur, mais certains médias lui reprochent d'en tirer profit. Le site POLITICO rapportait ce matin que des propriétés du gendre du président seraient exemptées d’hypothèque en vertu d’un plan de relance fédéral. Kushner en serait même un des principaux bénéficiaires, puisqu’il dispose de 800 millions en prêts garantis par le gouvernement fédéral. Le plan de relance prévoit un gel des paiements d’hypothèque.        

Depuis le début de la crise liée à la propagation de la COVID-19, le rôle de Kushner auprès de Donald Trump se limitait à celui de conseiller pour les relations avec les médias. Son influence a été perceptible alors que le président affirmait régulièrement que la crise ne serait pas si grave et qu’il contrôlait la situation. Vous vous souvenez que la pandémie n’était qu’une fabulation des médias ou encore un complot démocrate pour déstabiliser le président pendant une année électorale? C’est ça, «l’effet Kushner».        

J’ai déjà écrit à plusieurs reprises qu’une des grandes faiblesses de l’administration actuelle résidait dans le fait que l'on y privilégie la loyauté plutôt que la compétence. Depuis trois ans, le président a procédé à de très nombreux congédiements. À ces congédiements, on doit ajouter de très nombreux départs de gens expérimentés et compétents qui ne supportaient plus l’improvisation ou le cirque entourant la Maison-Blanche.        

Aucun homme ne peut prétendre disposer seul de tous les atouts pour gérer l’ensemble des responsabilités qui incombent au président. L’histoire américaine compte un certain nombre de présidents faibles ou très mal préparés, mais ces hommes, presque tous, ont eu la sagesse de bien s’entourer.         

Souhaitons maintenant que Donald Trump place d’abord sa confiance entre les mains d’Anthony Fauci et Deborah Brix. Le népotisme donne rarement de bons résultats. Ici, il est carrément dangereux.        

1. Le livre d'Andrea Bernstein s'intitule American Oligarchs: The Kushners, the Trumps, and the Marriage of Money and Power   

Si le contenu du texte de Goldberg vous intéresse, vous cliquez ici.        

Pour l'article de POLITICO, vous cliquez ici.