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«Le monde a basculé» -Arnaud Soly

Arnaud Soly
Photo d'archives, Dario Ayala Arnaud Soly

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L’humoriste Arnaud Soly, dont le premier spectacle solo devait être présenté le 7 avril à Montréal, réussit à rebondir avec imagination et énergie dans le contexte de confinement provoqué par la COVID-19. 

Depuis les débuts de la crise du coronavirus, les réseaux sociaux ont été investis comme jamais par le milieu de l’humour au Québec. Que ce soit via des performances diffusées en direct, des capsules vidéo ou des interactions en tous genres avec le public, les humoristes ont su mobiliser rapidement les médias dont ils disposaient pour réussir à demeurer créatifs.  

Néanmoins, si cet enthousiasme s’est construit de façon tout aussi rapide qu’ingénieuse, c’est entre autres parce que les spectacles en salles prévus pour le printemps ont été annulés ou reportés les uns après les autres.  

« C’est sûr qu’en termes de création, pour ce qui concerne les spectacles, c’est dommage », indique l’humoriste Arnaud Soly, dont la première médiatique de son spectacle solo intitulé Stand-Up devait avoir lieu mardi prochain au Club Soda.  

« On reporte tous les shows au fur et à mesure qu’on reçoit les consignes du gouvernement, poursuit-il. On y va vraiment au compte-gouttes. On en a déjà reporté plusieurs, et ça va peut-être continuer. C’est sûr qu’en ce moment, l’important c’est la santé publique, mais en même temps les gens ont besoin de rire plus que jamais. »  

Réseaux sociaux  

Après les premières vagues de déception, l’humoriste ne s’est pas fait attendre pour investir rapidement les médias qui s’offraient à lui pour continuer à créer à sa façon.  

« Rapidement, j’ai voulu trouver une manière de rester actif, explique Arnaud Soly. J’ai toujours été très présent sur le web, donc pour moi ce n’était pas quelque chose de nouveau de faire des vidéos, des capsules, des mèmes, des trucs à la maison. Je me suis rendu compte aussi que ce qu’on vit est tellement gros que ça reste inspirant. »  

« Le monde a basculé, mais on est capables d’en parler. Je pense que le travail des humoristes, c’est un peu de nommer et d’utiliser le monde qui les entoure comme matière première, réfléchit-il. Alors sur le coup, je me suis senti vraiment très créatif. J’ai commencé à faire des “directs” sur mon Instagram, à développer des concepts avec des personnages. Et ça marche vraiment bien, j’ai des milliers de personnes chaque soir qui se connectent. »  

Défis et opportunités

Arnaud Soly présente depuis maintenant un peu plus de deux semaines des vidéos en direct via son compte Instagram, du lundi au jeudi à 22 h, à travers lesquels il personnifie d’une journée à l’autre plusieurs personnages caricaturaux en recevant plusieurs invités. L’humoriste est également actif via sa page Facebook et demeure à l’affût de nouvelles possibilités pour s’exprimer sur le web.  

Si ces nouveaux médias lui offrent des avenues parfois encore inexplorées, ils viennent également avec leurs défis.  

« Quand tu pars d’un humour scénique, c’est sûr que ce qui fait le plus mal, c’est de ne plus avoir le rire, de ne plus avoir la validation instantanée du public, de manière sonore, explique celui qui gravite autour du monde de l’impro depuis maintenant 15 ans. C’est aussi ce qui crée souvent notre rythme dans le stand-up, la conversation. C’est-à-dire que le rythme, la musicalité de la blague, du tempo, de la performance, ça se construit autour de la réception du public. Donc il faut apprendre à composer autrement. »  

Néanmoins, les opportunités sont nombreuses, vastes, encore à défricher pour le milieu de l’humour.  

« L’autre jour, dans mon live, je pense que dans la même soirée j’ai eu Katherine Levac, Rosalie Vaillancourt, Julien Lacroix et Rachid Badouri, un après l’autre, explique l’humoriste. Ce sont des gens que je serais incapable de booker sur un même gala Juste pour rire. Et là, tout d’un coup, je les invite de mon salon à se joindre à mon délire. »  

« Je n’ai jamais reçu autant de messages du public me disant que ça faisait du bien, particulièrement en ces temps de confinement, où les gens se sentent seuls, angoissés, où les gens ont des soucis économiques, ne savent pas vraiment comment ça va finir, poursuit-il. L’humour est important, peut-être plus que jamais, je pense. »