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L’exploitation sexuelle continue malgré la pandémie

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L’exploitation sexuelle n’a pas pris de vacances malgré l’urgence sanitaire, préviennent des organismes qui affirment que la crise de la COVID-19 rend la situation encore pire pour les femmes vulnérables. 

« Les proxénètes n’arrêteront pas leur contrôle sur leurs victimes, ils vont s’adapter parce qu’ils sont là d’abord et avant tout pour faire de l’argent et profiter des femmes », affirme Diane Matte, cofondatrice de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle [CLES]. 

Diane Matte, cofondatrice de la CLES.
Photo Chantal Poirier
Diane Matte, cofondatrice de la CLES.

Avec les règles de confinement, la prostitution a ralenti, affirme une source qui prévient que 10 % des salons de massage à Montréal continuent à opérer. Des proxénètes continuent de forcer leurs victimes à « travailler » ; une simple visite sur des sites d’annonces permet de trouver des dizaines d’offres de service. 

Pauvreté 

Mais, comme le nombre de clients a diminué en raison du confinement, des clients tentent de négocier les prix à la baisse, tandis que d’autres vont essayer d’en profiter en offrant plus d’argent pour des actes sexuels que la femme refuserait en temps normal. 

Pour Mme Matte, il ne s’agit pas d’une surprise puisque la pauvreté est l’un des vecteurs d’entrée des femmes dans la prostitution. 

« Là, elles vivent en confinement avec beaucoup d’inquiétudes, des angoisses, explique-t-elle. C’est encore pire dans la situation actuelle, on reçoit des appels à l’aide, nos inquiétudes sont multiples. » 

Marie-Michèle Whitlock, intervenante au CALACS de l’Estrie, fait le même constat. 

« Ce n’est pas une question de choix, mais de survie, dit-elle. Les problèmes sont exacerbés par la crise de la COVID-19. » 

Financement 

Depuis le début de l’urgence sanitaire, la CLES a vu le nombre d’appels à son organisme grimper. Et elle s’attend à en recevoir encore plus d’ici les prochaines semaines, dit Mme Matte en rappelant que « la majorité des femmes » veulent sortir de la prostitution. 

Tant la CLES que les CALACS continuent d’offrir leur aide, que ce soit par téléphone, par internet ou même via des groupes de soutien par visioconférence. Sauf que le financement est difficile, disent-elles. 

« Plus la crise va durer, plus il y aura des situations de détresse, conclut Mme Matte. Elles ont besoin d’aide. » 

– Avec la collaboration de l’Agence QMI