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Une aînée est forcée de diminuer sa médication

Coronavirus - Covid-19
Photo courtoisie Lucie Gingras montre un pot d’hydroxychloroquine, un médicament qui l’aide à tolérer ses importantes douleurs aux jambes. Elle doit diminuer de moitié sa médication en pleine crise du coronavirus.

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La forte demande pour les médicaments destinés à la COVID-19 a déjà des impacts sur certains patients qui ne peuvent plus renouveler leur prescription.

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C’est le cas de Lucie Gingras, qui a appris plus tôt cette semaine qu’elle ne pourrait pas renouveler son ordonnance d’hydroxychloroquine avant plusieurs semaines. 

La dame âgée souffre de douleurs importantes aux jambes.

Peur

« J’ai peur de retrouver les douleurs que j’avais », raconte la résidente du quartier Pointe-aux-Trembles, à Montréal. 

Mardi, son rhumatologue lui a annoncé qu’elle devait réduire sa consommation de deux comprimés par jour à un seul pour en avoir pour deux mois.

« Après, je ne sais pas si je vais pouvoir le renouveler », s’inquiète-t-elle. 

La chloroquine et l’hydroxychloroquine ont alimenté la manchette dans les dernières semaines. 

Certains hôpitaux les ont utilisées pour soigner des patients atteints de formes sévères de la COVID-19.

L’augmentation rapide du nombre de prescriptions a toutefois forcé l’Ordre des pharmaciens et le Collège des médecins à intervenir. 

Un pharmacien peut ainsi annuler une prescription qu’il recevrait à son cabinet. 

On veut notamment garder les stocks pour les hôpitaux et des groupes ciblés, comme les mineurs atteints de polyarthrite rhumatoïde.

Dans les pharmacies 

Le président de l’Ordre des pharmaciens, Bertrand Bolduc, se veut toutefois rassurant. 

Les pharmacies dans les villes et villages du Québec ne vivent pas de ruptures de stock importantes.

« À part tout ce qui est respiratoire, le reste est sous contrôle », dit-il en faisant allusion notamment au Flovent, utilisé pour le traitement de l’asthme. Des patients aux prises avec le coronavirus se sont vu prescrire ce médicament.

Il existe toutefois des produits de substitution, précise M. Bolduc. Malgré tout, pour s’assurer de garder des inventaires bien garnis, les pharmaciens ont reçu le mot d’ordre de ne pas renouveler les médicaments pour plus d’un mois.

« Il y a deux semaines, il y a eu une vague de gens qui voulaient renouveler rapidement, mais depuis, c’est revenu à la normale », précise-t-il.