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Il ne faut pas cesser d’investir en bourse

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Illustration Adobe Stock

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D’un point de vue financier, inutile de rappeler qu’il faut veiller au plus pressant lorsqu’on traverse une crise. On doit d’abord assurer l’essentiel pour sa famille, tout le reste devient superflu quand les ressources se font rares.

De nombreux Québécois ont mis sur pause leur épargne retraite automatique, avec raison. Quand on a perdu son job et qu’on attend l’aide du gouvernement pour faire l’épicerie, c’est normal que la retraite prenne le bord.

Cela dit, il reste encore beaucoup de gens solidement installés à leur poste, sans craindre le chômage. Que devraient-ils faire alors que les marchés boursiers tanguent comme un bateau en pleine tempête ?

Garder le cap, on est en zone payante !

Intuitivement, on serait porté à croire qu’on doit tout arrêter, mais c’est plutôt le contraire qu’il faut faire. C’est vrai que ses investissements réalisés ces temps-ci peuvent temporairement perdre de la valeur, mais ils finiront pas rapporter. Et probablement beaucoup.

Rappelons que participer à la Bourse, c’est acheter des fractions d’entreprises. Parfois les actions sont chères, parfois elles sont plus abordables. Quand on investit un peu à chaque paie qui rentre (ou à chaque mois), on s’assure à la longue un coût moyen raisonnable.

Il ne faut pas donc cesser d’investir dans un environnement comme celui qu’on connaît actuellement, alors que les valeurs baissent. Ce sont ces investissements qui vont galvaniser le rendement du portefeuille à long terme.

Investir dans les sommets et les creux

Les placements les moins payants sont ceux réalisés quand les marchés boursiers touchent des sommets. Le contraire est aussi vrai : ceux effectués le jour où les marchés sont à terre sont les plus lucratifs. Ce qu’il faut retenir : ils finissent tous par procurer du rendement.

Le planificateur financier Daniel Laverdière, directeur chez Banque Nationale Gestion Privée 1859, a fait quelques calculs pour appuyer la démonstration. Nous avons utilisé les données historiques du S&P/TSX, en incluant les dividendes.

Dans l’histoire récente de la Bourse canadienne, les deux pires moments pour investir ont été septembre 2000 et juin 2008. Le premier correspond à la période où la bulle des technos était tendue à son maximum, juste avant qu’elle éclate. L’autre représente le sommet boursier précédant la crise financière, alors que tout le système menaçait de s’effondrer.

En date du 31 mars 2020, soit après que la Bourse eut subi des pertes de plus de 20 %, un investissement réalisé en septembre 2000 a généré un rendement composé de 3,54 % et celui fait en 2008, 2,23 % (S&P/TSX, incluant les dividendes).

Les deux sommets dont on parle ont été suivis par des niveaux planchers, touchés en septembre 2002 et en mars 2009. Les sommes investies durant ces périodes ont rapporté des rendements de 7,38 % et 7,76 %, respectivement, en date du 31 mars.

Puisqu’on se trouve en ce moment près d’un creux, ces rendements correspondent à ce qu’on peut attendre de ses investissements boursiers en général, quand on place son argent de façon systématique, sans se préoccuper des nouvelles.

Ce n’est surtout pas le temps de lâcher maintenant !

Dans les fonds de travailleurs, c’est différent

En raison des crédits d’impôt auxquels donnent droit les cotisations au Fonds de solidarité et à Fondaction, de nombreux Québécois y dirigent leur épargne retraite à un rythme régulier, à chaque paie.

La volatilité des placements à l’intérieur des fonds de travailleurs est beaucoup moins élevée que sur le marché boursier, et la raison est bien simple : la valeur des parts est évaluée deux fois par année et non déterminée en temps réel comme les actions d’entreprises sur les marchés boursiers.

Il y a néanmoins un problème. Dans le cas des deux fonds, la valeur des parts a été déterminée pour la dernière fois avant que la COVID-19 ne dévaste l’économie, donc au sommet, et ne sera réévaluée qu’à l’approche de l’été.

Ceux qui cotisent encore paient un prix surévalué. Il faut s’interroger sur la pertinence d’y poursuivre ses cotisations en sachant que la valeur des parts sera revue à la baisse, d’ici trois mois.

Pour calmer le jeu, les deux fonds de travailleurs devraient faire exception et revoir la valeur de leurs parts avant les dates prévues.