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L’immigration résiste

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 La COVID-19 détruit beaucoup de bons sentiments. Plus personne ne vante les vertus du libre commerce. Les dérives criminelles et mortelles de certains groupes religieux remettent en question la liberté religieuse.  

Aux États-Unis, des activistes font pression sur Donald Trump pour qu’il coupe davantage le nombre d’immigrants, étant donné la hausse astronomique de chômeurs américains. Mais dans ce dernier cas, il vaudrait mieux éviter des conclusions hâtives. Les immigrants sont en effet très nombreux à travailler dans plusieurs secteurs économiques essentiels. D’où la réticence de l’administration Trump à diminuer l’immigration. 

Où se concentrent les travailleurs immigrants ? 

Aux États-Unis, les immigrants travaillent dans plusieurs secteurs essentiels. Près de 62 % des travailleurs agricoles sont des immigrants. Les chauffeurs de taxi sont à 45 % des immigrants. (Soit dit en passant, à New York, les chauffeurs d’Uber ont été parmi les premiers vecteurs de la COVID-19.) Le pourcentage des immigrants dans la restauration tourne autour de 30 %. Mais surtout, environ 25 % du personnel médical, à tous les niveaux, est composé d’immigrants. Beaucoup de pays industrialisés présentent des chiffres similaires. Bref, les immigrants comblent une partie importante des emplois essentiels. 

Comment faire venir des travailleurs agricoles en temps de pandémie ? 

Les emplois en agriculture sont tellement importants que plusieurs pays ont mis en place des mesures exceptionnelles afin d’y accepter des travailleurs immigrants temporaires. L’Allemagne, qui reçoit 300 000 travailleurs temporaires par an, a décidé d’en admettre 40 000 pour les récoltes d’avril et de mai. Ces travailleurs temporaires n’auront pas besoin de se soumettre à une quarantaine. Cependant, ils devront vivre ensemble, porter des masques et des gants, ainsi que respecter des mesures de distanciation. La France, qui a besoin de 200 000 travailleurs saisonniers par an, a plutôt choisi d’encourager les chômeurs temporaires qui le peuvent à aller travailler dans les champs. 

Quelle est la situation des travailleurs temporaires au Canada ? 

Les travailleurs saisonniers peuvent toujours venir au Canada, mais ils doivent se placer 14 jours en quarantaine, ce qui en décourage plusieurs. En revanche, les permis de travail temporaire sont désormais délivrés pour deux années au lieu d’une. 

Qu’en est-il des réfugiés et des immigrants illégaux ? 

Les immigrants illégaux et les réfugiés posent problème. Il faut d’abord remarquer que la pénurie de main-d’œuvre que rencontraient les États-Unis a été de bien courte durée. Plus la pandémie se prolonge, plus il devient probable que l’économie américaine mettra longtemps à retrouver les niveaux d’emploi qu’elle a connus ces derniers mois. Les immigrants récents sont habituellement ceux qui, en périodes difficiles, perdent le plus rapidement leur emploi, sauf dans certaines professions. Cette logique est encore plus vraie pour les réfugiés et pour les immigrants illégaux. 

Que montre la pandémie à l’égard des réfugiés et des immigrants illégaux ? 

Le coronavirus fait apparaître des réalités brutales. En temps de pandémie, les immigrants illégaux, comme les réfugiés, constituent un fardeau. En plus, aux États-Unis, ces groupes augmentent la transmission des virus parce qu’ils ont peu accès au système de santé. La COVID-19 a provoqué le choc économique actuel. Mais un tel choc se préparait depuis longtemps. Il faudra bien finir par admettre qu’accepter des immigrants illégaux et des réfugiés économiques les bras ouverts relève d’une logique émotive naïve plutôt que d’une saine logique politique ou économique. Les leçons de la COVID-19 sont visibles pour qui veut les voir.