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Plus d’argent à investir que jamais

Anges Québec mise 500 000 $ en moyenne par ronde de financement pour soutenir les entreprises

François Gilbert
Photo courtoisie François Gilbert, président-directeur général d’Anges Québec.

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À l’heure où l’argent paraît plus rare que jamais, le réseau d’investisseurs privés d’Anges Québec lance un appel aux entrepreneurs innovants de la province qui seraient tentés à tort de mettre leurs idées et leurs rêves en quarantaine.

« C’est faux de croire qu’il n’y a plus d’argent sur le marché, affirme le PDG du regroupement d’anges financiers, François Gilbert. Au contraire, alors que les soubresauts des marchés boursiers ont poussé nombre d’investisseurs sur les lignes de côté, l’argent n’a jamais été aussi disponible. En tout cas, c’est le cas chez nous ; nous sommes prêts comme jamais. »

Comme Frank & Oak

Fondé il y a une dizaine d’années, Anges Québec regroupe 250 riches investisseurs prêts à donner argent et conseils aux entreprises dans lesquelles ils investissent. En 2019, le regroupement a procédé à 66 rondes d’investissement, en hausse de 50 % par rapport à 2018, pour un total de 25 M$.

En moyenne, les investisseurs versent 500 000 $ pour une première ronde, en échange d’une prise de participation dans l’entreprise d’environ 25 %. L’investissement minimum du groupe a été établi à 300 000 $.

Depuis 10 ans, Anges Québec a procédé à 275 rondes d’investissement. Parmi les 140 entreprises bénéficiaires, 110 sont toujours en activité, dont les lunetteries BonLook, le détaillant en ligne Frank & Oak, et des sociétés des sciences de la vie telles Thorasys et Hexoskin.

L’entrepreneur avant l’entreprise

Que recherchent exactement ces investisseurs privés lorsque vient le moment d’investir dans une jeune entreprise (start-up) ? « On ne cherche pas tant une belle entreprise, mature et tout, qu’un bel entrepreneur ! » lance d’abord M. Gilbert. 

Et pour l’organisme qui se targue non seulement d’investir, mais également de vouloir s’investir dans le succès des entreprises de son portefeuille, un bon entrepreneur est souvent celui qui sait écouter. 

« Pas pour exécuter tout ce qu’on lui propose. Ça, non, précise M. Gilbert. Mais suffisamment ouvert pour considérer les remarques ou conseils que nos anges financiers, souvent d’ex-entrepreneurs, auraient à leur offrir. »

Ensuite, dit-il, les investisseurs s’intéressent au marché. 

« Il faut que l’entrepreneur puisse nous faire la démonstration de l’existence d’un marché. Car une fois un marché identifié, il devient souvent plus important que le produit proposé lui-même. »

Les entrepreneurs intéressés par l’injection de nouveaux capitaux sont donc invités à se manifester. Depuis un mois, on remarque une baisse de 66 % des projets présentés. 

« Personne ne sait de quoi sera fait l’avenir. La prudence est de mise. Mais il faut garder confiance. En tout cas, nous, on est là plus que jamais. »