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Toute politique est un choix moral

François Legault
Photo Didier Debusschère François Legault

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Les autorités veulent rassurer sans mentir, mais on voit qu’il devient difficile de projeter la confiance tout en demeurant réaliste.

Et pour cause : les malades et les morts s’empilent, alors que le pire est encore devant nous.

Nos gouvernements imposent des mesures de confinement inimaginables il y a peu.

À l’exception de ceux qui luttent contre le virus, toute la planète ou presque est immobilisée.

On se bat pour du matériel médical.

La Chine, qui ment comme elle respire, après avoir fait ce cadeau empoisonné à la planète, va nous vendre à prix d’or l’équipement médical dont elle est la première fabricante mondiale.

La pauvreté et la précarité montent en flèche.

Après la tourmente, nos gouvernements, cassés comme des clous, nous ramèneront à l’austérité.

Dilemme

En théorie, face à une pandémie, on a deux options. Je dis : « en théorie ». Appelons-les A et B.

L’option A, c’est de tester massivement et vite.

L’idée, c’est de repérer et d’isoler rapidement les contaminés, ce qui permet aux autres de continuer à mener des vies presque normales.

L’option B, c’est de confiner un maximum de gens à la maison pour stopper la contamination.

Dans les faits, la plupart des gouvernements font les deux en ce moment.

D’abord, parce que nous n’avions pas, jusqu’à il y a peu, la capacité de tester massivement et vite. 

Ensuite, parce que nos hôpitaux n’étaient pas prêts pour une catastrophe de l’ampleur actuelle.

Comme si ce n’était déjà pas assez, nous allons maintenant faire face à un terrible dilemme.

Le virus est si répandu que si on lève trop rapidement le confinement, la propagation, qui n’a même pas encore commencé à ralentir, pourrait augmenter en flèche.

Il faudrait ordonner de nouveau la fermeture des lieux de travail et le retour du confinement.

Dans ce scénario, nos économies pourraient repartir et arrêter à répétition, comme lorsqu’on actionne une télécommande, jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement disponible.

Dans l’autre scénario, qui est le prolongement, pendant des mois et des mois, du confinement actuel, vous avez deux conséquences terribles.

D’abord, la pauvreté fera des ravages.

Ensuite, s’il est déjà difficile de faire accepter des restrictions de quelques semaines, imaginez si cela se prolonge.

Les mots d’ordre seront de moins en moins écoutés.

De plus en plus de gens tricheront, baisseront la garde, prendront des risques... et la contamination repartira en flèche.

On ne peut non plus exclure que des dirigeants politiques se refusent plus longtemps à paralyser leurs économies et ordonnent des réouvertures... avec les risques qui en découleraient.

L’économie passerait avant la sécurité sanitaire, surtout dans les pays les plus pauvres. Imaginez...

Degré

À des degrés divers, toutes les sociétés seront confrontées à ce terrible dilemme : on veut sauver des vies, mais on ne peut non plus totalement paralyser des sociétés pendant longtemps.

Quel degré de risque accepterons-nous ?

Il y a donc trois priorités : trouver un vaccin, tester massivement et trouver de l’équipement médical de protection.

C’est une course contre la montre. Sinon, nous serons bientôt devant des choix terribles.  

Tout le reste n’est que placotage.