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Attention à vos ados

Des cyberprédateurs s'en donnent à coeur joie grâce à la Covid-19

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On est beaucoup à avoir baissé la garde. Télétravail oblige, nos ados sont laissés à eux-mêmes devant les écrans et passent de longues heures en ligne à faire je sais pas quoi avec je sais pas qui.  

Je ne suis pas professeure ni éducatrice de camp de jour. Donc après les tâches ménagères, le petit tour sur le site L'École Ouverte ou la fameuse marche dont le bon docteur Arruda ne cesse de vanter les mérites, je rends les armes. «Prenez-les vos tablettes et vos téléphones et sacrez-moi patience que je puisse travailler en paix!»  

En temps normal, mes enfants n’ont droit qu’à deux heures d’écran par jour. C’est toujours le cas en ce moment, sauf que je l’augmente à la demande. Et laissez-moi vous dire qu’elle est grande, la demande, depuis 2-3 semaines. Au grands maux les grands moyens : il m’arrive de débloquer leurs appareils de trop longues heures et ce sans que j’exerce ma vigilance habituelle.  

Je vais passer outre le fait que la crise de la Covid-19 va renforcer certaines mauvaises habitudes quant à l’utilisation des écrans. Parce qu’il y a pire : l’utilisation inappropriée que pourraient en faire nos ados.  

Des cyberprédateurs s'en donnent à coeur joie  

Vous êtes-vous demandé ce que faisait votre garçon ou votre fille avec son téléphone intelligent une fois la porte de sa chambre fermée? Sûrement rien de bien grave, mais sachez que certaines personnes mal intentionnées profitent du coronavirus pour entrer en contact avec vos enfants.  

En temps normal, ceux-ci sont bien outillés, pensez-vous. Ils sauront détecter les comportements suspects et les demandes douteuses sur les médias sociaux. Sauf que là, on n’est pas dans un «temps normal». Nos ados, comme les adultes, se sentent isolés, souffrent de cette solitude-là, et pourraient être amenés à accepter des demandes qu’ils n’accepteraient pas d’habitude. Par exemple avoir des conversations explicites avec des étrangers ou envoyer des photos dénudées.  

Les ados n’arrêtent pas d’être des ados parce qu’ils sont confinés. Ils sont pleins d’hormones et ont besoin de validation de leurs pairs. Ils ont aussi besoin d’être aimés et de sentir qu’ils font partie de quelque chose.  

 

 

Les hormones dans le tapis  

Certains d’entre eux, privés de leurs amoureux pendant une longue période, pourraient être tentés d’échanger du matériel pornographique dont ils sont les héros. Ça vous choque? Les adultes le font. Pourquoi pas eux? C’est ce qu’ils se disent.  

Plus que jamais, il est primordial de discuter avec nos ados de l’importance de se protéger sur internet. Et je sais que vous êtes en train de vous dire que le vôtre, votre ado je parle, ne ferait jamais ça.  

Détrompez-vous. Votre enfant fera exactement comme les autres et il se peut qu’il s’expose à des situations risquées sans anticiper les conséquences négatives qui pourraient s’en suivre. Les hormones, c’est fort.  

Insistons par contre sur un point. Ici, la répression ne servira rien. Même si c’est difficile, et même si on ne veut pas admettre que nos adolescents ont des vies, des vies sexuelles, il faudra se montrer ouvert et à l’écoute.  

Menacer de saisir le cellulaire ou appliquer des conséquences draconiennes ne fera que creuser un fossé encore plus profond entre nous et nos adolescents. Et rompre la communication avec eux est sans doute la dernière chose dont on a besoin, surtout dans ce contexte.  

Alors, ouvrons nos yeux et, surtout, nos cœurs. Imaginez-vous, à leur âge et à leur place, si vous aviez eu à vivre un tel isolement.  

Je vous fais cet aveu : une chance que dans mon temps, il n’y avait pas d’internet.