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COVID-19: du camp des Rangers à la maison

La pandémie a chambardé les plans de Charles Leblanc

Charles Leblanc
Photo d'archives, Chantal Poirier En raison de la fermeture des gymnases, l’espoir québécois des Rangers du Texas Charles Leblanc n’est pas en mesure de faire des exercices au bâton depuis son retour forcé en sol québécois.

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Charles Leblanc connaissait un bon début de camp des ligues mineures avec les Rangers du Texas. C’était avant que la COVID-19 lui envoie un changement de vitesse qu’il n’a pas vu venir. 

Le joueur d’avant-champ québécois a pris la direction de l’Arizona en février afin de se préparer pour son quatrième camp des ligues mineures de la formation texane. 

Leblanc était confiant de pouvoir faire sa marque. Il avait pour objectif de passer au niveau suivant, soit la filiale AAA des Rangers, pour la saison 2020. Toutefois, la pandémie de la COVID-19 est venue contrecarrer ses plans. 

En l’espace de quelques jours, les Rangers ont réduit leurs effectifs au minimum afin de limiter les risques de propagation du virus. À ce moment-là, le nombre de cas positifs était bas en Arizona. Le Québécois n’a eu d’autre choix que de revenir au bercail. 

« Les Rangers nous avaient avertis. Même si on demeurait en Arizona, notre accès au complexe d’entraînement n’était pas garanti, a précisé Charles Leblanc au cours d’un entretien téléphonique avec Le Journal de Montréal dans les derniers jours. Puis, j’ai reçu un appel d’un dirigeant de l’équipe qui me disait qu’il garderait un maximum de 27 joueurs au complexe, dont certains avaient besoin de poursuivre leurs traitements. 

« J’ai alors décidé de revenir dans mes affaires au lieu d’être en appartement et de me demander tous les jours si mon camp allait reprendre. »

Entraînements complexes

À son retour en sol québécois, Leblanc s’est placé en quarantaine, comme demandé. Depuis la fin de celle-ci, le joueur d’avant-champ tente de garder la forme en faisant des exercices avec des haltères et des élastiques à la maison. Par contre, il n’a pas encore trouvé de solution pour frapper des balles.

« Pour ce qui est des activités baseball, c’est vraiment difficile en ce moment. Cette situation a brisé le rythme que j’avais commencé à bâtir au bâton depuis le début du camp, a souligné Leblanc. C’est dommage parce que j’avais travaillé fort sur mon élan durant la saison morte. 

« Mes efforts portaient ses fruits. La balle sortait bien de mon bâton lors des entraînements au bâton, des matchs simulés ou des confrontations avec les lanceurs. Je voyais bien les tirs. »

Pour le rythme au bâton, il n’a pas de crainte de le retrouver assez rapidement lorsqu’il retournera sur le terrain. Selon lui, un joueur normal a besoin d’entre 15 et 30 apparitions au bâton pour retrouver ses repères. 

Équipe médicale proactive

Durant sa présence en Arizona, Leblanc n’a pas eu peur d’attraper la COVID-19. 

« On a été bien informés dès le départ par l’équipe médicale des Rangers, a-t-il mentionné. On connaissait bien les précautions à prendre au complexe. »

En attendant les prochaines décisions du baseball majeur, Leblanc participe à des conférences téléphoniques à raison de trois à quatre fois par semaine avec les dirigeants des Rangers. 

« Ils veulent qu’on se garde sur la même longueur d’onde. Le commissaire Rob Manfred dit qu’il y aura du baseball cette année. Pour le moment, j’ai de la misère à voir le jour où on aura des matchs avec des partisans dans les gradins. »

La générosité de Choo

Shin-Soo Choo
Photo d'archives, AFP
Shin-Soo Choo

Certains vétérans du baseball majeur n’ont pas hésité à faire un effort de guerre. Chez les Rangers du Texas, c’est Shin-Soo Choo qui a levé la main en premier. 

Le Sud-Coréen a annoncé dans les derniers jours qu’il donnera 1000 $ aux 200 joueurs des ligues mineures de la formation texane afin de les aider à traverser la pause actuelle dans le baseball professionnel. 

Parmi les joueurs qui bénéficieront de ce coup de pouce, il y a Charles Leblanc. 

« Ça démontre beaucoup de générosité et de cœur de la part de Shin-Soo. Ça ne me surprend pas de sa part, a mentionné le Québécois. C’est un de mes joueurs des Rangers préférés. C’est tellement une bonne personne. 

« Même s’il ne te connaît pas, il va prendre le temps de te saluer et de te demander de tes nouvelles. Il est vraiment aimable et amical avec tout le monde. À la fin de chaque camp d’entraînement, il paye un bon souper [duo terre et mer] à tous les joueurs des ligues mineures. Ce sont des gestes qu’il n’est pas obligé de faire. »

Pour Choo, la somme sera soustraite de ses payes qui totaliseront 21 millions $ au cours de la prochaine année. 

Payés jusqu’au 31 mai

Au cours des derniers jours, le baseball majeur a annoncé la prolongation de l’aide financière aux joueurs des ligues mineures jusqu’au 31 mai. Une bonne nouvelle pour ces joueurs évoluant aux niveaux A, AA et AAA qui ne roulent pas sur l’or. 

« Je sais qu’il y a d’autres vétérans qui ont l’intention d’imiter Choo, a précisé Leblanc. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de signer un gros contrat ou d’obtenir un gros boni à la signature. 

« La plupart sont payés environ 1200 $ US par mois et les joueurs doivent se payer un appartement. J’en connais certains qui ont de l’aide de leurs parents et d’autres qui n’ont pas d’argent pour se payer des entraîneurs privés durant la saison morte. »