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De beaux malaises

Si on s’aimait pourrait être le plaisir coupable du printemps

Si on s'amait
Photo Courtoisie, TVA Le casting de l’émission participe à son succès. Jean-Philippe, un entrepreneur de 45 ans, est aussi frustrant qu’intéressant à suivre dans ses premières rencontres avec Fanny.

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L’entrée en ondes de Si on s’aimait a beau avoir été reportée deux fois, l’émission est loin d’être l’accident de train que certains redoutaient. Que vous soyez fusionnel ou solitaire---, rationnel ou émotif, cette télé-réalité pourrait devenir votre plaisir coupable du printemps confiné.

Diffusé à TVA lundi, le premier épisode donne une bonne idée du traitement réservé au concept imaginé par Anne Boyer (L’heure bleue) en collaboration avec Québecor contenu. Si vous êtes perméable aux malaises, cette quotidienne n’est peut-être pas pour vous. Parce qu’elle renferme des séquences tellement gênantes qu’elles donnent envie de défenestrer son téléviseur pour éviter la mort par surdose d’embarras.

Mais pour ceux qui carburent aux maladresses, c’est une mine d’or. Particulièrement aux épisodes 2 et 3. Vous aurez envie de manger du pop-corn en savourant chaque moment, comme Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin.

Casting au point

Si on s’aimait nous montre les étapes que doivent franchir les célibataires qui désirent mener une vie à deux : la rencontre, la fréquentation, la cohabitation, et finalement, le voyage.

Bien concocté, le casting est composé de trois candidats terre-à-terre auxquels tout le monde peut s’identifier, mais qui présentent juste assez de blocages pour permettre à l’experte en accompagnement relationnel, la sexologue Louise Sigouin, d’avoir de quoi se mettre sous la dent.

Jean-Philippe, un entrepreneur introverti de 45 ans, père de trois enfants, amateur de CrossFit et fervent porteur de foulards, est fascinant – et frustrant – à regarder aller. Cette semaine, la pauvre Fanny travaillera d’arrache-pied pour l’amener à s’ouvrir. La plupart du temps, on dirait qu’il souhaite être ailleurs, un peu comme Jennifer, la participante numéro 2. Il s’agit peut-être d’une question de montage, mais l’adjointe exécutive de 50 ans semble profondément s’emmerder avec Michael. Leurs dates donnent l’impression d’être une suite interminable de rendez-vous chez le dentiste.

Heureusement, les choses se passent beaucoup mieux du côté de Jonathan. Directeur marketing de 35 ans, le dernier candidat connaît de beaux moments avec Marie-Ève. Dans l’épisode de mercredi, il l’invite même chez lui pour rencontrer ses amis. Et malgré quelques faux pas, dont une saga impliquant un fromage Doré-Mi à l’épicerie, le BBQ se déroule bien. Alerte au divulgâcheur : il y aura des rapprochements...

L’art de vulgariser

Si on s’aimait fonctionne également grâce aux interventions de Louise Sigouin, qui décortique le comportement des candidats sans flafla. On aime sa façon d’expliquer des concepts parfois abstraits, comme celui des cinq grandes dualités fondamentales qu’on trouve au cœur de toutes nos relations. Parfois, la sexologue pousse toutefois la simplification un peu trop loin. Preuve à l’appui, cette définition du type « fusionnel » qu’elle lance au deuxième épisode : « C’est celui qui est assis su’a bol quand t’essaies de relaxer tranquille pis d’prendre un bain. »

Pour leur part, Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin jouent bien leur rôle du « couple témoin » qui commente ce qu’il voit dans son salon. Sans beurrer trop épais, ils s’avèrent divertissants. Leurs courtes et sympathiques interventions nous permettent de souffler un peu entre deux malaises bien sentis.

  • TVA présente Si on s’aimait du lundi au mercredi à 19 h 30.