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L’échange fou qui aurait envoyé Roy aux Nordiques

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Tout amateur de hockey qui se respecte se souvient de la saga Eric Lindros : deux transactions avaient été conclues par les Nordiques de Québec et, au terme d'un processus d'arbitrage, celle avec les Flyers de Philadelphie avait prévalu, au grand dam des Rangers de New York. Or, ce que tous ou presque ignorent, c’est que le Canadien de Montréal avait tenté de s’approprier le gros joueur de centre ontarien.  

Ainsi, le Tricolore avait sorti le grand jeu. Le directeur général Serge Savard avait offert à l'ennemi juré son gardien vedette Patrick Roy. C’est du moins ce qu’a mentionné l’ancien entraîneur-chef et directeur général des Nordiques Pierre Pagé, lundi, à l’émission «JiC» de la chaîne TVA Sports.  

«Savard voulait l’échanger en compagnie de quelques autres joueurs, a-t-il raconté. Finalement, on n’a pas osé, car on ne croyait pas que c’était le temps de faire cela.»  

Quelques années plus tard, Roy passait à l’Avalanche du Colorado.  

«Roy contre Lindros ou Roy et Mike Keane contre Andrei Kovalenko, Martin Rucinsky et Jocelyn Thibault?», a demandé Pagé, en connaissant très bien la réponse à sa question.  

Les Nordiques n’ont peut-être pas acquis Roy à l’époque, mais l’échange Lindros s’est avéré un coup fumant qui leur a notamment permis d’obtenir Peter Forsberg, Steve Duchesne et Ron Hextall. Dans ces circonstances, disons que les frais encourus par la saga d’arbitrage étaient négligeables...  

«On a dépensé 100 000 $, mais c’est le meilleur 100 000 $ qu’on a perdu, ça, c’est sûr», a dit Pagé.  

«Ça m'a laissé une grosse marque»  

Par ailleurs, l’homme de hockey est revenu sur son accès de colère auprès de Mats Sundin au banc des joueurs lors de la série Canadien-Nordiques de 1993. Lors du sixième match, qui s’est soldé par l’élimination de son équipe, Pagé avait engueulé son joueur pendant de longs moments.  

«J’ai fait une erreur, a-t-il admis. Un bon proverbe dit : gagne ou apprend. Eh bien, j’ai appris.»  

C’est lorsqu’il a été critiqué par le grand Jean Béliveau dans son livre que Pagé a réalisé toute l’ampleur de sa bêtise.  

«Ça m’a laissé une grosse marque, a-t-il confié. Ça m’a dit encore plus fort : "Pierre, t’as fait une grosse erreur." J’ai essayé de corriger cela au fil des ans.»